Les 600 plus grandes sociétés européennes ont trop d'argent : plusieurs options s'offrent à elle pour en profiter

Les 600 plus grandes sociétés cotées en Bourse en Europe ont trop d’argent, et ce, malgré la crise sanitaire et la crise économique. Ce sont entre 150 et 190 milliards d’euros de cash, les liquidités disponibles qui représentent près de 15% des actifs des entreprises du STOXX Europe 600. Il s'agit de l’indice qui reprend les 600 plus grandes entreprises cotées en Europe.

"Nous avons en Europe des sociétés qui sont très tournées à l’international, et qui sont notamment très exposées à la Chine. Bien sûr, l’Allemagne est un des partenaires privilégiés, mais globalement, en Europe, les sociétés ont été très rapidement capables de reprendre leurs activités avec leurs contreparties chinoises, chez qui le redémarrage a été d’une violence inouïe", commente Thomas Planelle, gérant et analyste à la société française DNCA Investments

Il explique aussi que ces entreprises cotées ont une forte capacité réduire très rapidement leurs coûts. Les managers de ces sociétés ont, dit-il, retenu les leçons des crises économiques précédentes. Le stress financier est donc étalé. Mais les volumes d'affaires sont aussi importants en Europe, avec une demande croissante dans les deux derniers trimestres de 2020. "Dès que les consommateurs ont pu à nouveau utiliser l’excès d’épargne qu’ils avaient mis de côté dans leurs dépenses de consommation", explique-t-il.


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Quatre options

Mais alors, que ces grandes entreprises européennes de tout cet argent ? Certaines d’entre elles investissent. C'est le cas de certains constructeurs automobiles comme BMW ou le groupe Volkswagen. Ils vont investir massivement dans le développement de leur offre de voitures électriques.

Mais toutes les grandes sociétés n’ont pas forcément aujourd’hui des projets d’investissement rentables à lancer dans l’immédiat. D'autant que les nouvelles technologies permettent des coûts d'investissement plus faibles qu'avant, et donc des économies. "Ça coûte moins cher de faire des usines parce que vous avez de l’automatisation qui permet de limiter certains coûts ou vous allez pouvoir manager vos usines à distance, etc", commente Thomas Planelle. Donc même si on utilise le cash pour investir, on en utilise moins qu’avant.

Toutefois, d'autres voies restent envisageables pour écouler ses liquidités en 2021 : racheter des sociétés. Il s'agit du processus de fusion-acquisition, dont on parle régulièrement. Mais là aussi, c’est de plus en plus compliqué. Beaucoup de fusions-acquisitions ont déjà été faites, et d’un point de vue réglementaire, c’est plus compliqué qu’avant.

Troisième option : augmenter les dividendes pour les actionnaires. Mais selon Thomas Planell, cette solution n'est pas non plus idéale. "Le problème est que vous voulez que le dividende soit stable dans le temps, vous souhaitez que le dividende soit réutilisé en période de crise. Mais dans les années fastes, vous allez éviter de trop le faire progresser pour ne pas le rendre involatil, mais surtout pour avoir cette approche un peu contracyclique, c’est-à-dire en période un peu plus difficile, dans les années qui vont venir éventuellement, vous n’aurez pas à augmenter votre dividende de façon trop importante, et donc vous n’aurez pas à le baisser de façon trop importante en cas d’année plus difficile. Le dividende est une donnée qui doit être stable pour rassurer l’actionnaire."

Enfin, dernière possibilité : le rachat de ses propres actions. Et à ce niveau-là, DNCA Investments estime que les directions financières des sociétés de l’Euro STOXX 600 pourraient débloquer jusqu’à 150 milliards d’euros pour tout simplement réduire le nombre de leurs actions en circulation, ce qui veut dire que chacune de ces actions vaudra un peu plus après l’opération qu’avant, soit 25% de plus que la moyenne des cinq dernières années avant la crise sanitaire. Pour ces rachats d’actions, ce n’est pas rien du tout.

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