Le vin de luxe, un marché en pleine croissance

Le vin de luxe, un marché en pleine croissance
Le vin de luxe, un marché en pleine croissance - © ERIC FEFERBERG - AFP

La vente de la plus grosse collection de vin jamais mise aux enchères en Belgique a commencé ce week-end. Au total, 13.000 bouteilles sont à vendre sur internet: des Leroy, des Romanée-Conti, des Petrus. Il s'agit de la collection d’un grand négociant qui a fait faillite en 2018.

Certaines bouteilles sont déjà affichées à plus de 11.000 euros. Et ce n’est qu’un début, la vente va durer une semaine entière, soit jusqu'au 31 mars.

C'est un marché en pleine croissance. Il y a de plus en plus d’amateurs, de collectionneurs et de restaurants qui achètent des grosses bouteilles qui se constituent des caves de prestige.

Des bouteilles à 100.000 euros

Dominique de Villegas, commissaire-priseur de l’Hôtel de Ventes Horta, à Bruxelles, suit tout cela d'assez près. "Ce sont des gens qui se regardent, qui se jaugent et c’est celui qui lèvera la main en dernier lieu qui sera le plus fort et " le plus riche ". C’est donc une fois l’un qui va l’emporter, une autre fois c’est l’autre", explique-t-il. 

Il précise que les vins très haut de gamme peuvent parfois atteindre les 10.000 euros la bouteille. "Mais sinon, dans d’autres ventes, il y a aussi l’effet prestige. Si on vend les vins d’Yves Saint-Laurent, là les prix peuvent évidemment s’enflammer et un flacon à 30.000 euros est quelque chose que des gens pourraient trouver normal."

Dans d’autres pays, comme aux États-Unis, en France ou en Chine, les bouteilles peuvent dépasser 100.000 euros dans ce genre de ventes. Record du monde en octobre dernier: presque un demi-million d’euros pour une Romanée-Conti, millésime 1945. 

Le vin est quelque part synonyme de réussite, de connaissance, de gens qui ont voyagé

Ce marché décolle ces dernières années car le vin est devenu un produit de luxe comme un autre, comme l’art ou comme les bijoux. Il y a de l’offre, il y a de la demande, il y a de la spéculation, et comme le luxe fonctionne de manière générale, le vin a du succès aussi pour le moment, en Asie particulièrement.

"Il y a cinq ou six ans, c’était plutôt la Russie qui nous faisait grimper les prix. Maintenant, les pays asiatiques se sont tout à fait tournés vers ce produit de luxe. Le vin est quelque part synonyme de réussite, de connaissance, de gens qui ont voyagé, et donc il est très fort apprécié là-bas", ajoute Dominique de Villegas.

Mais contrairement à un tableau ou à une antiquité, une bouteille de vin est rarement unique, elle fait partie d’une année qui est connue, d’un millésime, et on sait en général assez facilement à l’œil dire si la bouteille est bien conservée ou pas. Et donc, d’une certaine manière, son prix est plus facilement objectivable.

On a moins de surprises avec le vin contrairement à une œuvre d’art qui, elle, est en général unique. Il y a donc plus une dimension émotionnelle qui joue avec le vin, c’est moins surprenant, ce qui en fait pour certains un produit d’investissement par excellence, qui contribue aussi à son succès.

Un nouveau métier, antiquaires en vin

Mais qui sont ces personnes qui dépensent plusieurs milliers d'euros pour du vin? Ce sont soit des passionnés, des collectionneurs, qui vont la boire ou pas, soit des investisseurs, des restaurateurs, des restaurants haut de gamme, des restaurants étoilés, qui veulent avoir toutes les bonnes années.

Il y a aussi des antiquaires en vin, c’est un tout nouveau métier, des sortes d’intermédiaires entre les salles de vente, le marché et justement les collectionneurs. Les antiquaires en vins, c’est un métier qui n’existait pas il y a 10 ans, encore un signe du succès de ce secteur.

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