Le verre comme alternative belge au plexiglas chinois pour protéger du coronavirus

Le verre comme alternative au plexiglas, c’est une idée belge. Elle est née au centre de recherche et d’innovation d’AGC Glass Europe à Gosselies, près de Charleroi. Une protection que le leader européen dans la production du verre plat a d’abord imaginée pour protéger son personnel, avant de penser à le commercialiser : "Déjà en interne, on cherchait à protéger notre réceptionniste et d’autres personnes dans l’entreprise. On s’est dit : 'On a du verre, pourquoi pas l’utiliser ?'", explique Geneviève Lallouet, sa responsable européenne tests et qualité.

"Donc l’idée de l’écran a commencé à germer dans la tête de quelques chercheurs et de designers ici au centre. On savait que nos usines de verre, qui fabriquaient de grands rubans de verre, ne pouvaient pas les vendre aussi facilement qu’avant. On avait aussi nos usines autos, qui fabriquaient des pare-brises, qui étaient quasiment à l’arrêt. Donc on s’est dit qu’on allait utiliser nos outils, notre verre et proposer ce verre feuilleté pour faire des écrans de protection", ajoute-t-elle.

Un matériau durable, mais pas seulement

Pour l’instant, quelque 200 pièces ont déjà été vendues. Et pour ceux qui en ont fait l’acquisition les avantages sont multiples comme Alain Demaret. Ce boucher des environs de La Louvière n’a pas hésité à remplacer son plexiglas pour du verre : "C’est plus hygiénique, plus facile à frotter. Et plus solide et plus résistant parce que le plexiglas, il bougeait beaucoup quand je le frottais. Et pour les clients, c’est plus présentable", nous confie-t-il.

Un point de vue partagé par le directeur de l’Airspace du zoning de Gosselies qui rouvre ce mercredi au public : "C’est du verre très fin, très léger, relativement beau, suffisamment grand et c’est très stable avec les pieds qui sont fournis avec", explique Eddy Vande Vonder. "Si on a choisi du verre, c’est par souci sanitaire (on peut le nettoyer convenablement), mais aussi parce que cela ne se griffera pas".

C’est aussi un matériau "relativement résistant", précise Geneviève Lallouet d’AGC Glass. "On le feuillette donc il va être très résistant aux impacts et, même s’il cassait, il va rester en place parce que les morceaux vont rester collés sur l’intercalaire qui a été mis entre les deux verres pour les maintenir".

Et d’ajouter que l'"on peut le nettoyer avec n’importe quel produit de nettoyage et désinfectant sans s’abîmer ou ne même pas jaunir comme certains plexiglas pourraient le faire avec la lumière du soleil. Et en plus, c’est un matériau recyclable. Il ne va pas polluer la planète. On peut vraiment le recycler complètement et le réinjecter dans les chaînes de production verrières".

Soit une vraie solution plus durable quand on sait que la majorité de la production du plexiglas est chinoise.

Une production franco-belge

Si l’idée a germé au centre de recherche et d’innovation d’AGC Glass Europe à Gosselies, le verre est produit à Mol, en Flandre. L’assemblage et les finitions sont ensuite réalisés dans une usine du nord de la France.

Un bel appoint pour maintenir l’outil de ces usines fortement impactées par la crise du COVID : "Le verre est produit par des grands fours que l’on ne peut pas arrêter. Donc, quand on ne peut pas vendre le verre, on est obligé de le casser pour le ré-enfourner. C’est vraiment dommage de faire ça. Donc ici, c’était un débouché pour utiliser le verre. Cela a permis aussi, à certains moments, de pouvoir remettre des gens au travail et de les remotiver", ajoute Geneviève Lallouet.

AGC Glass compte aujourd’hui séduire l’horeca avec de nouveaux modèles qui seront disponibles dès le 15 juin.

La vente peut se faire en direct via un e-shop ou par téléphone pour les sociétés.

Comptez 150 euros par module.

Le boom des plexiglas (JT du 05/06/2020)

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