Venezuela: l'entrée au Mercosur marquée par un contrat avec le Brésil

Le président vénézuélien Hugo Chavez le 31 juillet 2012 à Brasilia
Le président vénézuélien Hugo Chavez le 31 juillet 2012 à Brasilia - © Pedro Ladeira (AFP)

Après six ans d'attente, le Venezuela a célébré mardi au Brésil son entrée au sein du Mercosur en signant une promesse d'achat de 20 avions au Brésilien Embraer, révélant un fort potentiel d'échanges entre le pays pétrolier et le marché commun du cône sud-américain.

Le président vénézuélien Hugo Chavez s'est déclaré "très intéressé" par la perspective de "sortir du modèle pétrolier" qu'offre selon lui cette adhésion au sein du bloc créé en 1991 et qui comprend le Brésil, l'Argentine, l'Uruguay et le Paraguay (actuellement suspendu).

Peu auparavant, il avait signé avec le Brésil un accord portant sur l'achat de 20 avions commerciaux au constructeur brésilien Embraer, d'une valeur de 900 millions de dollars.

Le contrat prévoit la livraison d'ici à la fin de l'année de six premiers appareils de type E-190 pour un montant de 270 millions de dollars. Il inclut également 14 options d'achat pour des appareils du même modèle.

Cet accord, négocié depuis décembre 2011, est le premier de ce type signé entre les deux pays, après la vente avortée au Venezuela d'appareils militaires Supertucano, de fabrication brésilienne.

Ce voyage à Brasilia constitue le premier déplacement à l'étranger d'Hugo Chavez depuis le début de l'année. Il a en effet considérablement limité ses activités depuis qu'un cancer lui a été diagnostiqué en juin 2011.

Le Venezuela, une réserve de pétrole

L'entrée dans le Mercosur de ce pays disposant des plus importantes réserves de pétrole au monde a été approuvée fin juin après la suspension du Paraguay, à la suite de la destitution de l'ex-président paraguayen Fernando Lugo le 22 juin dernier. Le Sénat du Paraguay bloquait l'intégration du Venezuela depuis 2006.

Lors de ce sommet extraordinaire à Brasilia, Hugo Chavez a reçu des témoignages de bienvenue de ses pairs brésilienne Dilma Rousseff, argentine Cristina Kirchner et uruguayen José Mujica.

Dilma Rousseff a salué l'arrivée de ce nouveau membre devant la presse, estimant que désormais, après "les quatre pays les plus riches du monde, les Etats-Unis, la Chine, l'Allemagne et le Japon, le Mercosur constituait la cinquième économie mondiale".

Selon elle, l'adhésion du Venezuela érige cette union douanière en "puissance énergétique et alimentaire mondiale", alors que son homologue argentine a vu dans ce bloc renforcé un nouveau "pôle de pouvoir".

De son côté, Hugo Chavez a salué une nouvelle opportunité de développer l'agriculture, l'industrie et le tourisme dans son pays.

"Le Mercosur représente sans aucun doute la plus grande locomotive existante pour préserver notre indépendance et accélérer notre développement global", a-t-il estimé.

Avec le Venezuela, le PIB du Mercosur va représenter 83,2% de la richesse produite sur le continent sud-américain et sa population 270 millions de personnes (soit 70% de la population continentale).

Le Venezuela, dont l'économie est largement étatisée, sera officiellement membre du Mercosur à partir du 12 août prochain, mais aura jusqu'en 2016 pour se mettre en conformité avec les règles commerciales du bloc, ont décidé les ministres des Affaires étrangères du marché commun lors d'une réunion lundi soir à Brasilia.

Le Brésil espère néanmoins que d'ici à 2013, le Venezuela aura intégré les règles générales de fonctionnement du Mercosur et abaissé ses barrières douanières, selon une source du ministère brésilien de Affaires étrangères.

AFP

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