Le tourisme: un secteur clé pour l'économie wallonne

Tourisme en Wallonie
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Ce sont les vacances de Pâques, une période très prisée par les touristes. Et certains choisissent la Wallonie pour poser leurs valises ce qui fait, bien sûr, le bonheur des professionnels du secteur. Mais quel est aujourd'hui le poids réel du tourisme pour l'économie wallonne ? Quelles sont les tendances ?

Réponses, avec quelques chiffres clés

La création de richesse: 6,12 % du PIB

Pour calculer le poids économique du secteur du tourisme pour un pays ou une région, une méthodologie internationalement reconnue existe. Cette méthode se base sur les "Comptes Satellites du Tourisme". Elle permet de mesurer la part du tourisme dans le Produit Intérieur Brut (PIB) de ce pays ou de cette région. Pour la première fois, cette méthodologie a été appliquée à la Wallonie, sur base des chiffres 2012, derrière année de référence. En 2012, le secteur du tourisme représentait 6,12 % du PIB de la Wallonie. Concrètement, cela signifie que 6,12 % de la richesse produite en Wallonie l'a été grâce à ce secteur. Le calcul a été fait rétrospectivement sur base des chiffres de l'année 2007. C'était alors 6,35 %.

"Au niveau mondial, on est à 9 % de contribution du secteur du tourisme au PIB explique Alain Decrop, Doyen de la Faculté des sciences économiques, sociales et de gestion de l'Université de Namur, spécialiste de la question. Par contre en Europe, c'est plutôt de l'ordre de 4 %. La Wallonie est plus ou moins au niveau de la France. Donc on peut dire que c'est un chiffre tout à fait raisonnable quand on regarde, de manière relative, la contribution du tourisme au PIB en Wallonie".

Environ 60.000 emplois

Le tourisme, ce sont aussi des emplois non délocalisables. Mais il est difficile de chiffrer avec une grande exactitude le nombre d'emplois directement liés au secteur du tourisme car certaines activités, comme la restauration par exemple, ne vit que partiellement grâce au tourisme. Du côté des autorités wallonnes, on évoque le chiffre de 60.000 emplois directs liés à ce secteur. Un chiffre stable nous assure-t-on.

Les tendances: on vient plus, mais moins longtemps

Depuis un peu moins de dix ans, de plus en plus de touristes visitent la Wallonie, mais ils restent moins longtemps. Entre 2004 et 2012, le nombre d'arrivées a augmenté de 14 % alors que, dans le même temps, le nombre de nuitées n'a quasi pas changé. "Il y a une dizaine d'années, on comptait environs 600 hôtels reconnus par le Commissariat au tourisme en Wallonie explique Pierre Coenegrachts, Directeur général adjoint de Wallonie-Bruxelles Tourisme, l'organisme chargé de la promotion touristique de la Wallonie et de Bruxelles. Aujourd'hui, on en compte un peu moins de 350. Nous devons réactualiser un peu nos équipements, les moderniser car nous étions très souvent à la pointe, maintenant nous devons suivre les tendances internationales et qui proposent une qualité d'offre plus performante. Et nous y travaillons avec le Commissariat au tourisme et tous les partenaires".

Autre clé: la concurrence accrue des compagnies aériennes low cost. Cette guerre des prix pousse parfois certains touristes vers d'autres cieux et la Wallonie n'est plus leur premier choix, du moins pour certains séjours. "Ce sont surtout les Flamands et les Néerlandais qui viennent moins en Wallonie qu'avant précise Alain Decrop de l'UNamur. Les français sont en légère augmentation, le marché allemand est lui en stagnation et au niveau interne, c'est à dire les Wallons qui restent en Wallonie pour visiter leur région, on constate là aussi une stagnation".

Le budget promo ? 15 millions €

"Nous n'avons pas la Costa Brava, nous n'avons pas l'or blanc des Alpes, nous devons donc nous démarquer" explique Paul Furlan, le Ministre wallon du tourisme. Et pour se démarquer, il faut se faire connaître. "Le budget du développement touristique en Wallonie, tous secteurs confondus s'élève à quelque 60 millions d'euros, et de ces 60 millions, on peut considérer que 15 millions d'euros sont affectés à la promotion". Un montant stable par rapport aux années précédentes, mais les campagnes de promotion, nous dit-on, sont mieux ciblées. Résultat, le tourisme rural a la cote. Le tourisme de mémoire est aussi au coeur de la stratégie 2014. Enfin, les marchés prioritaires sont les suivants: la Flandre, la Belgique francophone, les Pays-Bas, la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Près de 80 % des investissements en promotion, cette année, viseront ces six marchés.

Voilà les niches et les marchés sur lesquelles la Wallonie compte pour conserver sa place dans le coeur des touristes.

Eric Destiné

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