Le tourisme de masse, bénédiction ou source de nuisances?

En pleine grève des pilotes de Brussels Airlines, il y a une réflexion qui se fait sur la mondialisation du secteur. Avec des conséquences sur l'environnement aussi: l’activité touristique est responsable de 8% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. C'est trois fois plus que les estimations précédentes, selon une étude qui analyse 160 pays en prenant en compte les émissions liées aux transports mais aussi, par exemple, les émissions liées à la consommation de biens et de services.

Le facteur clé, c'est bien évidemment l’augmentation considérable du tourisme au cours de ces dernières années. Un essor qui s’explique surtout par l’augmentation du niveau de vie dans pas mal de régions du monde, la Chine par exemple, mais aussi, c’est vrai, par la chute des prix des billets d’avion grâce aux compagnies aériennes low cost.

Résultat : l’an dernier, 1,3 millard de personnes ont visité un autre pays que le leur, + 7% sur un an.

Nuisances environnementales, sonores... et autres

Et à côté des émissions de gaz à effet de serre, l’explosion du tourisme génère d’autres formes de nuisance : les nuisances sonores évidemment, mais aussi des villes ou des villages touristiques surpeuplés ou encore l’explosion des loyers à cause de l’essor des formules genre Airbnb.

Des villes comme Amsterdam, Barcelone ou Venise n’en peuvent littéralement plus. Mais que dire alors de Dubrovnik, en Croatie ? Ce petit bijou étouffe littéralement sous le tourisme de masse depuis qu’une célèbre série télévisée l’a utilisée comme décor.

Il faut dire que "Game of Thrones" est une série mondialement connue, mondialement appréciée, et Dubrovnik joue en fait le rôle de King’s Landing, la capitale des sept royaumes pour ceux qui connaissent cette série. D’ailleurs, c’est une des grandes tendances dans le tourisme contemporain: visiter les lieux de tournage de vos films ou séries préférés. En anglais ça s’appelle " set-jetting ".

Le tourisme, c'est de l'argent qui rentre

Beaucoup d’autres films ont ainsi provoqué des poussées plus ou moins temporaires de tourisme, comme  "Braveheart" avec Sophie Marceau et Mel Gibson en chef de guerre écossais. Un an après la sortie du film, la fréquentation du monument William Wallace — c’est le rôle que joue Mel Gibson — en Écosse a été multipliée par trois.

Autre film, autre exemple : la Nouvelle-Zélande a bénéficié d’un gros effet "Seigneur des Anneaux" évidemment avec à la clé des centaines de milliers de visiteurs supplémentaires après la sortie du film.

Tout le monde ne se plaint cependant pas de l’essor du tourisme, qu’il soit lié ou non au cinéma: il faut bien dire que pour beaucoup de régions, l’essor du tourisme est plutôt considéré comme une bénédiction, en dépit d’ailleurs parfois de la pollution ou des nuisances, car le tourisme c’est de l’argent et beaucoup d’emplois: le secteur représente en effet environ 10% du produit intérieur brut mondial.
 

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