Le timbre de collection: véritable marché pour initiés

La rareté et la qualité de la conservation sont deux éléments clé influençant les prix. Dans le cas du One-Cent Magenta, il n'aurait jamais dû exister. En effet, au 19ème siècle, la Guyane Britannique recevait ses timbres par bateau d'Angleterre. Mais en 1856, une cargaison avait été retardée, le chef des postes locales a donc demandé à un imprimeur local de lui fabriquer des timbres. Et la vente new-yorkaise était une grande vente internationale d'un timbre qui a été exposé à Londres, Hong Kong et New York.

Mais est-ce qu'en Belgique le marché du timbre a le vent en poupe ? oOi et non : le petit collectionneur a pratiquement disparu dans notre pays. Mais pour les collectionneurs à la recherche de pièces rares ou de qualité, il y a un marché, essentiellement tourné vers les timbres belges et les timbres du Congo belge.

"Avant, il y avait des dizaines de magasins de timbres rue du Midi à Bruxelles, qui avaient beaucoup de vendeurs de détails", se rappelle Pierre Kaiser, qui dirige la maison Willame rue du Midi à Bruxelles, qui organise des ventes publiques depuis 1925.

Il a vécu la transformation du marché belge de la philatélie. "Là, maintenant, on arrive à une qualité de collectionneurs qui s’est un peu élevée, il y a beaucoup moins de magasins de timbres dans la rue du Midi, mais on traite des collections pus importantes. Et donc il y a pas mal d’acheteurs: sur une vente publique normale, on a 300 à 400 acheteurs".

Mais qu’est-ce que les acheteurs cherchent? Les choses intéressantes sont par exemple les timbres les plus anciens, ajoute Pierre Keizer. "A l’état neuf car cela représentait beaucoup d’argent à l’époque: 10 centimes c’étaient 10 centimes-or, donc des choses qu’on ne laissait pas trainer. Le critère important quel que soit le domaine choisi, c’est la qualité" : support, propreté, beauté etc…

Investissement ou hobby ?

A priori, les collectionneurs n'aiment pas trop être qualifiés d'investisseurs, ils collectionnent par passion. Il est cependant vrai qu'il peut y avoir une dimension investissement dans les collections de grande qualité. Pierre Kaiser explique par exemple que la valeur des pièces belges de qualité a été multipliée par 4 ou 5 en dix ans. Mais il ajoute prudemment que les performances du passé ne garantissent rien pour l'avenir.

W. F., avec M. Gassée

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