Le succès des grands salons dépend de la conjoncture et de la météo

Visite du Prince Laurent à l'ouverture officielle du salon de l'auto.
Visite du Prince Laurent à l'ouverture officielle du salon de l'auto. - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Le Salon de l’auto vient d’ouvrir ses portes sur le site de Brussels Expo, le salon Batibouw est prévu pour le mois de février... Ce sont deux grosses machines, les deux salons qui attirent le plus de visiteurs en Belgique. De grosses machines et pourtant, elles fonctionnent un peu comme des PME.

Le Salon de l’auto et Batibouw ne durent qu’une dizaine de jours chaque année. Mais ils se préparent tout au long des douze mois qui précèdent l’ouverture officielle. C’est un marathon qui se termine par un sprint. "Notre entreprise emploie une quarantaine de personnes pour gérer nos différents salons, explique Pierre Hermant, directeur général de FISA, la société propriétaire de Batibouw. Mais pendant un salon aussi important que Batibouw, il y a au bas mot 12 000 personnes qui travaillent sur le site de Brussels Expo, pour la restauration, la sécurité, le parking, l’animation des stands, etc."

Il faut dire que Batibouw accueille plus de 300.000 personnes en dix jours et un millier d’exposants. Les tickets d’entrée et la location des stands sont les deux principales sources de revenus pour la société FISA, qui réalise un chiffre d’affaires de l’ordre de 20 millions d’euros dont plus de la moitié, sans doute 13 ou 14 millions, sont directement issus de Batibouw.

Le risque conjoncturel

La conjoncture économique actuelle n’est pas très rose et, pour les organisateurs de salons, c’est un risque qu’il faut intégrer dans leur activité – comme toute entreprise. En l’occurrence, le risque majeur concerne l’attitude des consommateurs : s’ils décident de reporter leurs dépenses de consommation ou d’investissement à plus tard, les professionnels des secteurs concernés, le bâtiment au sens large ou le monde de l'automobile, risquent eux de diminuer sérieusement leurs investissements marketing, en ce compris la taille de leur stand. Certains pourraient même décider de renoncer à louer un espace dans un des palais d’exposition du Heysel. Cela dit, et c’est un élément que les organisateurs de salons prennent très au sérieux, la météo peut aussi avoir un impact négatif sur les finances d’un salon. "Quand il faut 3 degrés au-dessous de zéro et qu’il neige, souligne Pierre Lalmand, le directeur du Salon de l’auto, pas mal de gens renoncent tout simplement à sortir de chez eux et on perd vitre 30.000 visiteurs d’un coup. Quand on sait qu’un billet d’entrée coûte environ 10 euros, la perte atteint vite 300 000 euros."

Dans le cas du Salon de l’auto, ce type de contretemps serait gênant mais pas nécessairement catastrophique, pour une raison toute simple : ce salon est organisé par la Febiac, la Fédération patronale du secteur automobile. C'est un association sans but lucratif dont la fonction est essentiellement d'assurer la promotion de l'automobile, pas de gagner de l'argent à tout prix même si, bien sûr, elle a besoin de ces recettes pour financer une série de projets tout au long de l'année.

Michel Gassée

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