Le secteur hôtelier appelle à l'aide : "nous n'avons aucune perspective, il faut des mesures urgentes"

Depuis les premières mesures de confinement en Belgique, les hôtels n’ont jamais été obligés de fermer leurs portes. Seuls les bars et restaurants des établissements ont dû stopper leurs activités. Alors que le Conseil national de sécurité évoque un planning de déconfinement, le secteur hôtelier a le sentiment de faire partie des oubliés de la crise. Une crise qu’il a pourtant vécue de plein fouet.

85% de clientèle internationale à Bruxelles

À la mi-mars déjà, une centaine d’hôtels sur 160 à Bruxelles avaient fermé leurs portes, non par obligation, mais faute de clients. Aujourd’hui encore, ceux qui restent ouverts connaissent un taux d’occupation dérisoire proche d’1%, et le bout du tunnel semble encore bien loin.

"L’impact sur le secteur hôtelier a commencé longtemps avant le confinement, dès la fin février, début mars, précise Rodolphe Van Weyenbergh, secrétaire générale de la Brussels Hotel Association. Et cet impact se prolongera lourdement après le confinement. Et particulièrement pour les hôtels bruxellois, qui dépendent à 85% de la clientèle internationale".

30 à 70.000 € de frais fixes pour un hôtel vide

Pendant la crise, pourtant, certains hôtels ont fait preuve de solidarité. C’est le cas par exemple de l’hôtel Bedford à Bruxelles qui a logé des policiers. Un établissement dont le propriétaire a la chance de ne plus devoir payer ni loyer ni prêt hypothécaire, ce qui est loin d’être courant, d’autant que d’autres coûts restent très lourds à supporter.

"Les frais fixes d’un hôtel vide ou fermé sont colossaux, explique Rodolphe Van Weyenbergh, on parle de 30.000 à 70.000 euros pour un hôtel d’une centaine de chambres sans même compter un loyer ou un crédit hypothécaire. Il y a donc urgence à intervenir car dans notre situation, accorder des prêts ou des reports de charges, ce n’est pas une solution".

Des mesures d'urgence pour tenir

La Brussels Hotel Association demande donc que certaines mesures soient prises en urgence, du côté des Régions comme du fédéral. "Aujourd’hui au niveau des trésoreries, il n’y a plus de liquidités, c’est intenable. On appelle donc au niveau régional à reverser la contribution que les hôtels ont payée en 2019 au niveau des taxes hôtel. Au niveau fédéral, nous demandons la prolongation du chômage temporaire pour cas de force majeure jusqu’à la fin de l’année, ainsi que la défiscalisation des emplois, donc l’exonération des charges patronales et fiscales".

Ce que le secteur craint évidemment, c'est de voir le nombre de faillites augmenter. La crise du coronavirus s'ajoutant à d'autres problèmes a ainsi poussé l'hôtel Métropole à envisager la cessation définitive de ses activités hôtelières.

Il est encore temps, souligne Rodolphe Van Weyenbergh, de sauver ce secteur vulnérable. Mais il y a clairement urgence.

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