Le secteur du béton peut proposer une garantie de 100 ans pour de nouveaux ouvrages

Avez-vous entendu parler de béton récemment ? Probablement pour des fissures observées dans des centrales nucléaires, des tunnels, des ponts... Moins pour les garanties offertes grâce à de nouveaux produits, mieux conçus, aux composantes mieux dosées. L'un des gros chantiers est celui du contournement d'Anvers, avec son viaduc.

"Le cahier des charges de la ville et des entrepreneurs nous demande une garantie de 100 ans. Et nous sommes prêts à le faire", annonce le Président de Febelcem, la fédération de l'industrie cimentière. Mais Eddy Fostier ajoute dans la foulée : "Si la mise en œuvre est faite correctement."

Aucun  maillon de la chaîne de production et d'exécution ne peut défaillir, de la qualité et du bon dosage des éléments constitutifs du béton à la réalisation finale, de l'ingénieur au manœuvre. "Nous aspirons à une meilleure formation et à attirer davantage de candidats à l'embauche". Ce secteur industriel lourd génère en Belgique mille emplois directs, trois mille postes de travail de maintenance et de sous-traitance et dix mille emplois nécessaires aux produits finis.

Des retards importants

Le "tout au béton" n'est pas toujours bien perçu, malgré d'évidentes améliorations visibles dans des chapes, chez des particuliers ou dans des entreprises. Il reste ces fissures qui fragilisent quelques gros ouvrages. L'origine serait une déficience de la mise en œuvre, ces ouvrages aujourd'hui atteints datant des années de frénésie dans la construction. Mais le manque d'entretiens pèse davantage encore, au point de passer obligatoirement aujourd'hui au stade des réparations.

Comme sur le réseau routier qui, via les régions, flamande, wallonne et un peu moins bruxelloise, bénéficient depuis peu de temps de plans pluriannuels: "le retard est tellement important que nous devons faire face à de nombreux travaux dont se plaignent parfois les usagers d'ailleurs", commente André Jasienski, le directeur de Febelcem. "Mais ces travaux sont indispensables pour le maintien de nos réseaux de communication au sens large. Il n'y a pas que la route, il y a les voies d'eau, les ouvrages d'art, le RER, le chemin de fer. Toutes les infrastructures sont essentielles au développement d'une mobilité cohérente en Belgique".

547 kilos par habitant

Moins que d'autres industries lourdes comme le verre ou la sidérurgie, le ciment belge a souffert de la mondialisation du secteur. Il espère d'ailleurs récupérer une petite partie de la production mondiale aujourd'hui concentrée pour les sept dixièmes en Asie (52% en Chine).

"A l'image du secteur alimentaire, le circuit court sera aussi recherché", indique Eddy Fostier. "Oui l'Asie est meilleure marché, oui le transport maritime n'est pas cher, mais ces transports sont longs et polluants. Et nous mettons tout en œuvre pour évoluer vers une société zéro carbone en 2050."

Pour finalement augmenter encore la proportion annuelle de consommation de ciments par chaque Belge ? Elle est à l'heure actuelle de 547 kilos par habitant, bien au-delà de la moyenne européenne (307 kilos), pour un total de 6,25 millions de tonnes. Du lourd, du dur!

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