Le secteur des entreprises du bâtiment et des travaux publics table sur une croissance de 10%

Le secteur des entreprises du bâtiment et des travaux publics (BTP) ont plutôt le sourire en ce moment puisqu’il s’attend à une excellente année avec une croissance attendue de 10% pour 2018.

La fin de la crise de 2008-2009

Pour Didier Cartage, le directeur général de l’ADEB, l’Association des entrepreneurs belges de grands travaux, l’amélioration des affaires signe vraiment la fin de la crise de 2008-2009. Il aura donc fallu 10 ans pour que les investissements publics reprennent sérieusement.

"C’est vrai qu’on assiste maintenant à un rattrapage massif de tous les investissements qui ne se sont pas faits, notamment en infrastructure, depuis ces dernières années", confirme Didier Cartage.

Un rattrapage que l'on constate dans les tunnels et les ponts à Bruxelles, les routes en Wallonie, la SNCB et Infrabel pour le rail, la STIB pour les transports en commun à Bruxelles,... des centaines de millions d’euros d’investissements sont mis en route.

Reste un problème : le recrutement

La machine repart, mais on ne compense pas d’un coup de baguette magique des années de sous-investissement public dans les infrastructures. Ça laisse des traces : "Le niveau d’investissement que l’on a maintenant reste inférieur à ce que font nos pays concurrents. Ça a d’une part un impact sur le niveau des infrastructures qui continuent à se dégrader ; et d’autre part, on ne rattrapera pas non plus de cette façon-là le retard qu’on a accumulé les années précédentes", affirme-t-il.

Un sérieux bémol qui n’a pas vraiment d’impact sur les entreprises de travaux publics. À part une série d’entreprises qui n’ont pas encore tout à fait eu le temps de se remettre de la contraction des investissements publics ces dernières années. L’optimisme est généralisé dans le secteur, sauf sur un point qui inquiète vraiment tous les acteurs dans ce secteur : c’est le recrutement. Les entreprises se plaignent d’avoir de plus en plus de mal à trouver du personnel qualifié, tant ouvrier qu’employé.

"Il n’y a pas assez de jeunes qui se dirigent vers la filière du secteur de la construction et il y a de moins en moins de profils basiques, ce qu’on appelait dans le temps des manœuvres. Il y en a de moins en moins. Donc, on demande des niveaux de qualification plus importants, et aujourd’hui le système de la formation générale ne délivre pas suffisamment de profils formés. C’est la même chose également au niveau supérieur pour des fonctions d’ingénieurs techniciens et d’ingénieurs tout court. On se rend compte que la filière technique est moins attractive que la filière sociale, par exemple".

Raison pour laquelle le secteur plaide ardemment pour la formation en alternance : en partie à l’usine ou sur les chantiers et en partie à l’école. Une manière pour que les ouvriers et aussi les employés, puissent prendre la température dans les entreprises.

Quant à l’idée d’abaisser l’obligation scolaire des jeunes de 18 à 16 ans, elle n’inspire pas des masses les représentants du secteur des travaux publics. Ils se demandent simplement ce que vont faire ces jeunes, tout en constatant que le monde économique a de plus en plus besoin de gens plus qualifiés, et pas moins qualifiés.

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