Le secteur des biotechnologies belge cartonne

Ensemble, les entreprises biotechnologiques belges valent 27 milliards d’euros, selon les chiffres de KBC Securities. C’est 3 milliards de plus qu’il y a un an. « L’année a été absolument fantastique » s’enthousiasme Flanders.bio, le représentant du secteur en Flandre.

La Belgique est d’ailleurs un leader dans le domaine en Europe. Les entreprises biotechnologiques belges représentent 23% de la valeur boursière totale de toutes les entreprises biotechs européennes.

Des bons résultats dus en particulier aux performances et aux partenariats conclus ces derniers mois par trois locomotives : Galapagos, Argenx et UCB.

« Le succès appelle le succès »

Qu’est-ce qui explique ces bons résultats belges ? D’abord, le foisonnement de la recherche académique et les synergies avec les entreprises. Beaucoup de biotechs belges sont d'ailleurs des spin-off émanant d’universités qui cherchent à valoriser commercialement les résultats de leurs travaux académiques.

Et puis la Belgique jouit d’une bonne réputation auprès des investisseurs, notamment parce que plusieurs entreprises du secteur ont fait leurs preuves et ont été rachetées à l’étranger, encore récemment Ablynx et TiGenix.

« Ce n’est pas tout d’avoir une molécule révolutionnaire à développer », tempère Michel Ersnt, analyste chez CBC et qui connaît bien le secteur. « Il faut des sous ! Et le succès appelle le succès. Le terreau favorable des investissements passés qui ont déjà porté leurs fruits attire des investisseurs belges et étrangers qui reconnaissent le succès et le savoir-faire de la Belgique en la matière ».

La qualité de la main-d’œuvre belge aussi est reconnue avec des ouvriers qualifiés dans le domaine. La Belgique est centrale en Europe, un avantage en termes de transport et de logistique. « Nous avons vraiment des atouts majeurs », résume Dirk Reyn président de Flanders.bio.

« Ce qui fait qu’on a développé un écosystème, un environnement favorable au développement de nouveaux produits. Nous avons une réelle expertise en Belgique. Et puis, on a un appui politique et financier qui soutient l’innovation chez nous », rajoute-t-il.

Marché risqué malgré le succès

Il y a environ 150 sociétés de biotechnologie en Belgique. Toutes ne sont pas des success story. « Il ne faut jamais oublier que c’est un secteur très risqué », insiste Michel Ernst. « On parle beaucoup des succès, mais une société qui ne rencontre pas le succès peut très vite perdre toute sa valeur. Il y a beaucoup de petites biotechs qui jouent leur survie dans les prochaines années ».

« C’est vrai dans les plus petites sociétés, il y a eu moins de bonnes nouvelles cette année », reconnaît Dirk Reyn. Dans certains cas les résultats cliniques ont été décevants. La croissance est moins impressionnante que chez les leaders du marché ».

Il faut bien comprendre que dans le secteur des biotechnologies, les cycles de développement sont beaucoup plus longs que dans d’autres secteurs. Développer un traitement médical met 10 ou 15 ans, coûte des millions et ne rapporte rien avant la mise sur le marché.

La plupart des biotechs belges ne vendent encore rien. D’où l’importance d’avoir des investisseurs solides et surtout des résultats cliniques intermédiaires convaincants pour garder leur confiance.

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