Le secteur de la franchise se porte bien

Le secteur de la franchise se porte bien
Le secteur de la franchise se porte bien - © RTBF

En Belgique on compte environ 300 franchises différentes dans des secteurs de plus en plus variés tels que la distribution, la restauration mais aussi les activités de service. Pourquoi ce secteur attire-t-il de plus en plus de vocations ? Quels sont ses intérêts, ses enjeux et ses pièges ? Reportage.

Le point commun d'enseignes telles que Prémaman, Brico, Tom & Co, Quick, Casa, Base et autres Pizza Hut est le système de la franchise.

Définition

Le franchiseur possède la marque et le savoir-faire. Et le franchisé est un indépendant qui achète le droit d'exploiter le concept et de vendre les produits de cette marque. 

Un succès dû à la crise ?

L'un des responsables de la seule Fédération Belge de la Franchise, Gilbert Lardinois, confirme que le secteur est aujourd’hui en pleine expansion. Pour lui, cet engouement est principalement dû à la crise. "Les gens qui veulent se lancer préfèrent faire référence à un franchiseur qui a un concept bien établi".  Auparavant, la grande distribution était la plus concernée, mais aujourd’hui la franchise se développe dans tous les domaines : "cela va de la maintenance industrielle à l’aide aux personnes", explique-t-il.

Histoire de la naissance d’une société de courtiers en travaux

La société "Illico Travaux" propose d'être l'intermédiaire entre des clients qui veulent faire des travaux et des professionnels du bâtiment. Ce type de franchise est encore unique en Belgique alors qu’une dizaine de concurrents se partagent déjà le marché en France. L’administrateur délégué d’Illico Travaux, Olivier Dewulf, raconte comment, avec son associé, ils ont décidé de monter leur société : "nous étions à Lille avec un ami courtier en travaux. Nous ne connaissions pas du tout cette société, mais une semaine après, nous avons rencontré le patron français d’Illico Travaux, et nous lui avons proposé de couvrir la Belgique et le Luxembourg. Depuis, nous avons 30 franchisés et 25 commerciaux, et nous couvrons tout le pays".

Quels moyens et quelles obligations ?  

Pour devenir indépendant franchisé, il faut tout d’abord consacrer des moyens. Il faut payer un droit d'entrée, c'est-à-dire le droit d'utiliser la marque concernée. Le prix varie de 10.000 à 150.000 euros selon  l'activité. Ensuite, il faut investir dans le bâtiment, le stock et l'équipement. Pour ce faire, il faut prévoir de 50.000 à 1.000.000 d'euros, voire parfois davantage. Une fois l'activité lancée, des royalties doivent être versées au propriétaire de l'enseigne; un pourcentage du chiffre d'affaires ou une commission dont les marges varient selon les secteurs. C’est dans la distribution que l'investissement est le plus lourd. 

Quelle formation, quel bagage sont nécessaires ?

Pour Luc Bormans, franchisé indépendant, il faut suivre une formation et être bien préparé pour tenter l’aventure car c’est le franchisé qui prend tous les risques financiers. "Un diplôme d’humanités ne suffit plus aujourd’hui", précise-t-il. Il ajoute qu’il faut bien connaitre ses capacités, mais aussi savoir gérer une équipe et avoir de bonnes connaissances en finances et comptabilité.  

La "marque" peut flancher : témoignage

Etre préparé ne suffit pas toujours. Si huit franchisés sur  dix sont satisfaits, il y a aussi des expériences moins heureuses.  Laurence Moreau s'était lancée dans une franchise du secteur Horeca pour la marque Foodmaker. Mais un jour, le franchiseur a tout fait capoter. "Au début, tout se passait bien, mais on s’est très vite rendus compte que le franchiseur ne remplissait pas ses obligations en matière de marketing et de suivi", témoigne-t-elle.  Laurence a donc décidé d’entamer une procédure d’arbitrage. Par ses multiples répliques, le franchiseur quant à lui, a tenté l’épuisement financier de la partie adverse dans le but de la mettre en faillite, pour qu’aucune poursuite ne soit possible, mais aujourd’hui, même si la bataille continue avec le franchiseur, Laurence a déjà remporté une victoire.  

Laurence Moreau est une indépendante convaincue et aujourd’hui elle s’est lancée dans une nouvelle activité franchisée, et conseille ceux qui voudraient se lancer dans la même voie.

I.L. avec J.F. Noulet

 

 

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