Le secteur de la construction doit passer du porteur de brouettes à l'ouvrier 4.0

Avec la maquette numérique, tous les intervenants lors de la construction d'un bâtiment seront sur la même longueur d'ondes. Au total plus d'efficacité pour un résultat final de meilleure qualité.
Avec la maquette numérique, tous les intervenants lors de la construction d'un bâtiment seront sur la même longueur d'ondes. Au total plus d'efficacité pour un résultat final de meilleure qualité. - © Tous droits réservés

Si vous avez un projet de construction ou de rénovation, vous allez peut-être visiter le salon Batibouw. C'est également l'occasion pour les professionnels de la construction de se rencontrer et de se comparer . Avec un grand sujet cette année: la construction 4.0.  Voilà qui demande quelques explications.

"Nous ne sommes plus un secteur de porteurs de brouette". C'est le cri du coeur de Francis Carnoy qui préside la Confédération Construction Wallonne. Le digital a bien sûr pénétré les bureaux des architectes et des entrepreneurs, mais globalement la Wallonie est à la traine, surtout les PME nombreuses dans la construction. Or, c'est une question de survie, Francis Carnoy: "L’entreprise qui ne monte pas dans le train ou qui n’est pas suffisamment consciente de l’importance de cette évolution, il ne faudra pas dix ans, voire même cinq ans pour qu’elle soit hors marché. Le patron qui ne comprend pas cela ne sera plus compétitif par rapport à ses concurrents locaux, régionaux ou, pour les plus chantiers, internationaux".

Reflet virtuel

Pour se mettre à niveau, les entreprises doivent appliquer le BIM (Building Information Model), plus simplement dit utiliser la maquette numérique, soit une étape plus loin que la 3D. Les explications d'Olivier Vandooren, directeur général adjoint du CSTC, le centre scientifique et technique de la construction: "Cette maquette numérique est le reflet virtuel de ce que le bâtiment sera réellement. Donc ce n’est pas une vue 3D composée de lignes ! Elle est composée d’objets, tels que des briques, des tuiles, des plaques de plâtre, des fenêtres, des châssis, soit tous les objets qui seront mis en œuvre ultérieurement sur le chantier réel. De cette façon, tous les acteurs concernés peuvent déceler et anticiper des problèmes éventuels au niveau de l’écran ce qui permet d’apporter des solutions avant la mise en chantier". Eviter par exemple, qu'une gaine de d'aération tombe nez à nez sur une poutre en plein chantier.

La maquette numérique permet une meilleure coordination, des cahiers de charges plus faciles à réaliser, des contrôles de chantiers plus précis, bref une construction plus efficace pour un bâtiment de meilleure qualité et finalement moins coûteux. Sans oublier le dossier "as built" très précis qui sera remis au client pour la vie ultérieure bâtiment.

Grand saut

Les entreprises wallonnes ne sont majoritairement pas prêtes à effectuer le grand saut. D'où une campagne de sensibilisation et d'accompagnement des entreprises avec des aides concrètes de la Région wallonne. Sans oublier la nécessité d'un important et indispensable effort de formation. Avec demain sur le chantier des ouvrier 4.0. Olivier Vandooren: "On aura toujours besoin d’un ouvrier, mais cet ouvrier 4.0 devra avoir de nouvelles compétences. Il pourra être amener à piloter un drone. Il devra peut-être réparer une imprimante, utiliser les images d’un scanner, pouvoir travailler sur base d’un écran visualisant la maquette sur chantier pour organiser ses tâches".

 L'étape suivante, moins enthousiasmante question emploi, c'est la robotisation des chantiers. Aujourd'hui, c'est encore de la construction fiction !

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