Le secteur agricole belge entame lentement sa digitalisation

Le secteur agricole
Le secteur agricole - © PHILIPPE DESMAZES - AFP

La foire agricole de Libramont débute la semaine prochaine et il y aura évidemment dans les allées des stands de tracteurs, des moissonneuses-batteuses, du bétail, mais aussi des logiciels informatiques, des GPS et des drones. Une présence symptomatique d’un secteur qui se digitalise, comme le reste de l’économie.

Mais qu’entend-on par digitalisation de l’agriculture ? Dans une étable par exemple, cela peut par être des robots qui font la traite des vaches. Dans les champs, ce sont des drones ou des images satellites qui peuvent juger de l’état de votre blé ou de votre maïs en fonction de sa couleur. Ensuite, c’est le GPS du tracteur qui va précisément identifier les zones où il faut mettre plus ou moins d’engrais ou qui va préciser s’il faut semer à tel ou tel endroit.

Nicolas Braibant, agriculteur à Corroy-le-Grand dans le Brabant wallon, utilise par exemple ces techniques et cela facilite clairement son travail. "Quand vous êtes 12 heures par jour sur un tracteur, vous devez avoir une précision dans le semi", explique-t-il. "Vous revenez donc forcément le soir moins fatigué et en ayant conscience que vous avez fait un meilleur boulot parce que c’est bien fait. Une assistance aussi sur des machines de semis ou des capteurs de fin de trémie sont des outils sur lesquels on peut compter et on doit compter aujourd’hui pour améliorer ce qu’on a à faire".

En Belgique, un agriculteur sur cinq travaille avec des robots, des tracteurs GPS et des stations météo connectées selon une étude de la banque CBC. Si l’on inclut le travail de bureau, ils sont là deux agriculteurs sur trois à utiliser Internet au quotidien. C’est plus qu’il y a 10 ans mais c’est encore nettement moins que dans certains autres secteurs.

Transformation plutôt que révolution

En ce qui concerne le volet administratif du métier d’agriculteur, celui-ci aussi se digitalise. Qu’il s’agisse des déclarations pour la politique agricole commune, d’une page Facebook ou d’un magasin en ligne pour vendre sa viande, toutes ces actions peuvent aujourd’hui se faire par ordinateur.

Pour Nicolas Braibant, il s’agit plutôt d’une transformation de son métier que d’une véritable révolution agricole, mais il insiste sur le fait que toutes ces innovations ne sont pas des gadgets mais bien un vrai gain de confort et de temps.

Du côté d’Arnold Meert, banquier et responsable du secteur agricole chez CBC, il y a un vrai gain économique grâce à la digitalisation. "On est victime de beaucoup de volatilité dans les prix des produits agricoles, et donc on peut, par des outils digitaux, se couvrir et vendre des productions dans le futur. Ça va nous permettre de calculer des prix de revient beaucoup plus précis, ce qui permet alors de mieux appréhender le prix de vente nécessaire pour faire sa marge", remarque-t-il.

Niveau avantages, les outils informatiques permettent donc de mieux produire aux champs et permettent de mieux gérer, d’anticiper et de négocier ses prix quand on est au bureau. Mais il reste quand même des gros freins comme les investissements nécessaires pour avoir accès à ces outils digitaux, qui coûtent très cher, et le temps pour apprendre à les maîtriser dans une vie d’agriculteur déjà bien chargée.

 

 

Journal télévisé 03/03/2019

Les drones et les images satellitaires permettent de faire des économies importantes de fertilisants, de pesticides ou encore d'eau douce. C'est ce qu'on appelle l'agriculture de précision. 

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