Le scandale de la viande de cheval fait ses premières victimes

Fraisnor n'était pourtant pas au coeur de cette fraude à la viande de cheval, qui s'est retrouvée dans des millions de plats préparés censés contenir du boeuf.

Mais l'entreprise de Feuchy (Pas-de-Calais) produisait pour la grande distribution des lasagnes fraîches, boudées en bloc par le consommateur dans les semaines qui ont suivi cette affaire.

"Les clients à l'exportation nous ont très vite laissé tomber" avec une production qui a chuté subitement de 60%, raconte son patron Alain Leemans.

La société cuisinait chaque mois 700 tonnes de lasagnes fraîches.

La prochaine victime sera peut-être Spanghero, qui est lui impliqué et désigné comme l'un des responsables de cette fraude géante.

L'entreprise de Castelnaudary (Aude) perdrait 200 000 euros par semaine et il n'y a plus de travail que pour 80 personnes sur les 240 salariés, selon les représentants syndicaux.

Aujourd'hui, Spanghero a abandonné le négoce de viande et tente tant bien que mal de continuer ses activités de plats cuisinés et de transformation de la viande. Mais son sort est suspendu à un éventuel repreneur. L'entreprise a en effet été placée en liquidation judiciaire mi-avril avec la possibilité de poursuivre ses activités pendant trois mois.

A ce jour, seuls deux projets de reprise ont été déposés, prévoyant le maintien de 100 emplois uniquement. L'administrateur judiciaire a donc décidé de prolonger jusqu'au 31 mai la date limite de dépôt des candidatures.

Tirer les leçons de cette affaire

En tout, 5000 emplois sont menacés au premier semestre 2013 dans l'agroalimentaire (après la suppression de 3900 emplois en 2012), estime l'Association des industries alimentaires (Ania).

Mais les craintes ne concernent pas seulement les fabricants de plats cuisinés: les industries charcutières aussi sont en mauvaise posture. Et là, rien à voir avec l'affaire du cheval.

Pour éviter des scénarios catastrophes, les industriels tentent de tirer les leçons de cette histoire. Certains ont décidé de mettre le paquet sur le "Made in France", s'engageant à n'utiliser que de la viande française, comme Findus, Carrefour ou Intermarché. Mais tout cela a un coût - Findus l'estime par exemple à 20 centimes par produit - qui ne sera pas toujours répercuté aux consommateurs, guerre des prix oblige.

Or, la marge brute des transformateurs est "catastrophique", selon l'Ania. Elle a atteint en 2012 le plancher historique de 22,4%, contre 25% en 2011.

De plus, cet étiquetage de l'origine est soumis au bon vouloir des industriels, en attendant que la réglementation européenne évolue et les y contraigne, comme l'espère le gouvernement français.

L'Union européenne doit saisir l'"opportunité" de montrer aux consommateurs européens qu'elle "peut être utile", insiste le ministre délégué à la Consommation Benoît Hamon.

En attendant, le gouvernement a assuré qu'il maintiendrait un haut niveau de contrôles au moins jusqu'à la fin de l'année.

Par ailleurs, les professionnels de la viande ont mis en place deux outils: une charte anti-fraude pour aider les entreprises à détecter les fraudes dont ils pourraient être victimes et un code d'usage des minerais de viande - disponible à la rentrée - qui doit permettre d'améliorer la qualité des matières premières utilisées.

AFP

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