Le rapport annuel de la BNB cible l'indexation des salaires et les retraites

Le rapport 2012 de la Banque nationale, présidée par Luc Coene, relance le débat sur l'indexation automatique des salaires
Le rapport 2012 de la Banque nationale, présidée par Luc Coene, relance le débat sur l'indexation automatique des salaires - © BELGA PHOTO DIRK WAEM

L'économie belge a enregistré une légère croissance négative de 0,2 % en 2012 et 16.600 emplois ont été perdus, ressort-il vendredi du rapport annuel de la Banque Nationale de Belgique (BNB). Pour cette dernière, le pays "a besoin d'un plan d'action cohérent". Mais les recettes qualifiées de "libérales" du patron de la Banque nationale, Luc Coene, ne plaisent pas à tout le monde, au lendemain d'une vaste mobilisation sociale contre les mesures d'austérité.

Le gouverneur de la BNB a évoqué une année "charnière" avec une grande volatilité dans la zone euro.

L'économie belge n'a pu échapper à la crise, mais a été moins touchée que d'autres pays, constate la BNB. Elle est toutefois en récession, la croissance ayant été négative à partir du deuxième trimestre.

Le PIB a reculé principalement en raison de la contraction de la demande intérieure. La stagnation du revenu disponible des particuliers et l'augmentation du taux d'épargne ont pesé sur la consommation privée et les investissements en logements.

Au total, 16 600 emplois ont été perdus. Le nombre de chômeurs a augmenté de 25 000 unités, le taux de chômage étant passé à 7,4 % (+0,2 %). Le taux d'emploi est resté stable, à 67,2 %, cependant loin de l'objectif européen de 73,2 % pour 2020. Les exportations ont enregistré un net ralentissement, comme les investissements des entreprises.

Pour la BNB, la Belgique "a besoin d'un plan d'action cohérent pour soutenir le potentiel de croissance, garantir la stabilité financière et préserver la soutenabilité des finances publiques". 

Travailler plus longtemps

La BNB estime ensuite qu'"à politique inchangée, le vieillissement de la population pèsera (...) sur l'offre de travail". La BNB souligne que le gouvernement a pris des mesures en 2012 pour élargir cette dernière. Cependant, la réforme des pensions ne suffit pas et "des mesures additionnelles vigoureuses, qui tiendraient compte de l'accroissement de l'espérance de vie, s'imposent". A cet égard, pour la BNB, la hausse du potentiel de croissance passe par une augmentation de la participation au marché du travail, afin de respecter l'objectif de 73,2 % du taux d'emploi en 2020, contre 67,2 % en 2012.

Haro sur l'indexation des salaires

La BNB est ensuite d'avis que pour créer des emplois, "l'évolution des coûts salariaux doit correspondre à celle de la productivité. Dans ce domaine, la Belgique est assez vulnérable". Les variations de l'inflation, qui a de nouveau été plus élevée en 2012 (2,6 % contre 3,5 % en 2011) que les trois principaux pays voisins, jouent sur le salaire via l'indexation automatique. Celle-ci, qui s'est établie à 5,5 % en 2011 et 2012, est la principale raison de la hausse des salaires. L'écart des coûts salariaux horaires par rapport à la moyenne des trois pays voisins depuis 1996 était d'environ 5 % fin 2012. L'évolution depuis 1996 de la productivité étant toujours en retrait de celle observée dans les pays voisins, l'écart salarial en termes de coûts salariaux par unité produite atteint près de 13 %, souligne la BNB, qui demande donc d'agir sur l'écart salarial.

Poursuivre l'assainissement

La BNB recommande de suivre attentivement l'exécution du budget 2013 et de l'ajuster si nécessaire. La BNB prône aussi un respect des objectifs du programme de stabilité visant l'équilibre budgétaire en 2015. La BNB plaide également pour une poursuite de la consolidation budgétaire qui "doit être supportée par tous les niveaux de pouvoir", et pour une "étroite coordination budgétaire".

La BNB plaide ensuite pour un assainissement des finances publiques qui doit passer en priorité par une baisse des dépenses primaires des administrations publiques. Celles-ci ont atteint un niveau historiquement élevé en 2012, à plus de 50 pc du PIB.

Les impôts et les cotisations sociales étant en outre plus importants que dans les pays voisins, la BNB plaide pour une réforme et une simplification de la fiscalité pour baisser les charges sur le travail.

L'indexation des salaires, "un gage d'une certaine paix sociale"

Interrogé dans Matin Première sur l'éventuelle nécessité d'aller plus loin dans la révision de l'indexation, Melchior Wathelet, en tant qu'ancien secrétaire d'Etat au Budget, a déclaré que lors de son entrée en fonction le gouvernement a pris des décisions. Aujourd'hui, dit-il, l'index correspond à la réalité.

Pour lui, "l'indexation automatique est, au niveau belge, un gage d'une certaine paix sociale, d'un certain maintien de la concertation".

 

"Moi je pense que, ce qui est important aujourd'hui, c'est qu'ils se remettent à table et qu'ils nous donnent, patrons et syndicats, leurs perspectives en terme de relance, parce que c'est de cela qu'on a besoin aujourd'hui. Si on parvient à faire ça en faisant en sorte que l'on puisse le faire en maintenant l'indexation automatique des salaires, et bien tant mieux, c'est vraiment la vision dans laquelle on doit aller", conclut-il.


Avec Belga

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