Rail belge vétuste: joutes verbales entre Jean-Pascal Labille et le MR

Jean-Pascal Labille
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Jean-Pascal Labille - © Archive BELGA/AURORE BELOT

L'Ecole polytechnique de Lausanne (EPFL) estime que le rail belge a besoin d'un sérieux rattrapage en matière d'investissement. Les voies et caténaires seraient quasiment en fin de vie et il faudrait plus de 680 millions d'euros pour la période 2013-2025, lit-on vendredi dans l'Echo. Le MR s'en prend au ministre des Entreprises publiques Jean-Pascal Labille (PS), lequel réplique sèchement.

L'audit de l'EPFL a été réalisé en 2011 et commandé par Infrabel, le gestionnaire du réseau ferré belge. D'après les experts suisses, le rail belge a besoin d'un sérieux rattrapage en matière d'investissement car il a été touché par une insuffisance de moyens par le passé.

Infrabel a reconnu l'existence de cet audit, explique L'Echo. "La durée de vie des voies est de 30 ans et celle des caténaires de 20 ans. Toutes les courbes indiquent qu'elles arrivent en fin de vie et qu'on doit faire les investissements. A défaut on risque d'avoir des problèmes, notamment en parte de capacité", a indiqué Infrabel.

Les experts ont chiffré le rattrapage de 220 à 250 millions d'euros pour le remplacement des voies, de 190 à 230 millions pour les appareils de voies principales et 200 millions d'euros pour les caténaires.

Le MR égratigne Jean-Pascal Labille

Le MR réclame au ministre des Entreprises publiques, Jean-Pascal Labille (PS), de "lever des zones d'ombre" sur l'état de vétusté du rail belge. Le président du MR Charles Michel a épinglé "le peu de prévoyance dans la gestion des infrastructures du rail".

"Comment peut-on admettre, si cet audit se révèle totalement fondé, qu'on attende la fin de vie de ce qui est essentiel pour faire rouler un train, à savoir des rails et des caténaires, pour se demander quand ils devront être remplacés en raison de leur vétusté", demande-t-il.

Les réformateurs estiment qu'il s'agit d'une nouvelle épine s'ajoutant à de nombreux autres dossiers défaillants pour le rail: sous-investissements structurels en Wallonie, retard du RER, développement ferroviaire tardif autour de l'aéroport de Gosselies, retards fréquents et vieillissement du matériel roulant. "Autant d'inquiétudes profondes qui ne devraient pas trouver de réponses adéquates dans le plan d'investissements 2013-2025", estime Charles Michel.

Le ministre Labille réplique sèchement au MR

Le ministre fédéral des Entreprises publiques, Jean-Pascal Labille, a sèchement répondu à Charles Michel, qualifiant notamment les propos du président des réformateurs de "fanfaronnades électoralistes".

Dans un communiqué, le ministre socialiste dit "s'étonner de la prise de conscience soudaine" du MR quant à la problématique du financement des chemins de fer. "Pour un parti qui, depuis 1999, siège de manière ininterrompue au sein du gouvernement fédéral et prend donc part à l'ensemble des décisions budgétaires, il est assez singulier de constater que c'est au terme de 14 années qu'il réalise qu'entretenir un réseau de chemin de fer demande des moyens financiers", ironise Jean-Pascal Labille.

"Cette prise de conscience semble d'autant plus soudaine que vendredi dernier encore, le MR approuvait l'ajustement budgétaire qui prévoit une nouvelle réduction de 30 millions d'euros des moyens consacrés au chemin de fer", note le ministre.

Celui-ci assure dans la foulée que les moyens nécessaires à la modernisation du rail belge sont bel et bien prévus dans le projet de Plan pluriannuel d'investissements.

"Si M. Michel avait pris la peine de s'en informer préalablement, sans doute aurait-il été rassuré. Force est de constater qu'il lui était bien plus précieux d'envoyer urbi et orbi un communiqué de presse", grince Jean-Pascal Labille.

"Le moment n'est pas propice aux fanfaronnades électoralistes mais bien à la réflexion quant à la manière d'utiliser le plus efficacement les moyens disponibles pour réaliser un triple objectif: assurer la sécurité des passagers, améliorer la ponctualité des trains et garantir un service de qualité", ajoute le ministre.

Avant de conclure au picrate: "Il reste 13 mois d'ici les prochaines élections. (J') entends consacrer ce temps à la réalisation de projets concrets et ambitieux pour les citoyens. Bien conscient de la difficulté qu'une telle démarche de fond peut représenter pour Charles Michel, j'invite pourtant le président du MR à tenter d'en faire de même".

Pour le cdH, le plan d'investissement doit être revu 

 

Pour les centristes, les conclusions de l'étude de l'EPFL sont "loin d'être surprenantes" et "ne font que confirmer les situations vécues au quotidien par les navetteurs (retards, suppressions de trains) et provoquées, notamment, par la vétusté du matériel".
 
La cheffe de groupe cdH au parlement fédéral, Catherine Fonck "demande que ces nouveaux éléments soient pris en compte dans le plan pluriannuel d'investissement 2013-2025". La députée a souligné par communiqué que "seuls les administrateurs cdH ont refusé le plan d'investissement dans sa mouture actuelle au sein des Conseils d'Administration de la SNCB" et "s'étonne" dès lors de la réaction rapide du MR "alors que ses administrateurs ont voté le plan au sein de la SNCB". 
 
"Pour le cdH, le plan d'investissement doit être revu à la fois sur base des résultats de cette étude mais également pour maintenir les capacités actuelles sur toutes les lignes en Belgique", précise encore le communiqué. 

Ju. Vl. avec Belga

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