Le Qatar mise sur le sport pour accroître sa notoriété et préparer l'après-pétrole

Un pavillon qatari à Moscou.
Un pavillon qatari à Moscou. - © MAXIM ZMEYEV - AFP

La Coupe du Monde en Russie est terminée. Dans 4 ans, le Qatar prendra le relais. Un pays souvent cité pour des investissements chez nous, dans des infrastructures sportives notamment. Mais qui, en réalité, n'est pas très présent économiquement en Belgique.

Il y a bien un actionnariat qatari majoritaire au sein de la chocolaterie Galler (et ça fait d’ailleurs plusieurs années que c’est le cas) et il y a bien eu, par une fondation qatarie, le rachat en 2012 du club de football d’Eupen ainsi qu'un investissement d’un million et demi d’euros dans une piste d’athlétisme à Malmedy.

A chaque fois, ces investissements font les gros titres, mais pour Dominique Delattre, directeur Proche-Orient et Moyen-Orient à l’Awex, il s’agit bien de relations commerciales ponctuelles : "Je dirais que la présence d’investissements qataris en Wallonie est relativement faible. Elle l’est d’ailleurs également à l’échelle de toute la Belgique. On peut même dire qu’elle est pratiquement inexistante ou en tout cas très marginale, puisque contrairement à la France, où on a constaté ces dernières années des investissements, notamment dans l’immobilier, on dénombre très peu d’investissements en Belgique et certainement singulièrement en Wallonie".

Le Qatar en Belgique, c’est donc un tout petit partenaire commercial.

Le sport pour la notoriété

Cela fait sans doute partie de la stratégie même du pays, qui a décidé depuis le début des années 80 de miser sur le sport pour accroître sa notoriété, et ça se voit : le rachat du club de foot Paris-Saint-Germain, la chaîne de télé française BeIN Sport et le fait que Qatar Airways est sponsor du club de Barcelone.

Une stratégie qui explique sans doute cet effet de loupe déformante, avec un chapelet de compétitions mondiales organisées au Qatar : handball en 2015, cyclisme en 2016, athlétisme pour 2019 et football en 2022 ; voilà pour les plus récentes ou celles à venir.

Le pari de la diversification pour préparer l'après-pétrole

N'y voyez pas de stratégie industrielle de la part du Qatar. Le pays reste une monarchie pétrolière dont les exportations d’hydrocarbures font la moitié, 50%, de la création de richesses et qui fait le pari d’une diversification par le transport aérien, les services financiers et le tourisme, pour préparer son après-pétrole, son après-ressources gazières.

"Le Qatar est aujourd’hui un modèle qui essaie de s’inspirer notamment de ce qu’ont fait les Émirats arabes unis, et particulièrement Dubaï, pour devenir une place forte, la capitale d’un certain tourisme haut de gamme et c’est donc la raison pour laquelle des investissements importants ont été réalisés en matière d’infrastructures dans tout ce qui concerne le tourisme d’une manière générale. Pour le reste, ce ne sont pas réellement des sociétés qataries qui sont à même d’investir parce qu’elles n’ont pas réellement une base industrielle", explique Dominique Delattre.

En d'autres termes, le Qatar a le tourisme en ligne de mire, avec le sport comme vitrine.

Plus d’entreprises belges au Qatar que l’inverse ?

La présence belge au Qatar n’est pas écrasante mais, elle existe. On pense notamment à l’entreprise Besix justement pour la construction de projets d’infrastructures, liés par exemple à des compétitions sportives.

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