Le prix élevé de l’électricité en Belgique, un frein pour la compétitivité des industries lourdes ?

La facture d’électricité pour les industries lourdes est sensiblement plus élevée en Belgique que chez nos voisins européens, comme en Allemagne ou encore en France. Cette facture trop lourde freine la compétitivité des industries lourdes et freinerait des entreprises qui souhaiteraient s’installer dans le pays. C’est en tout cas le constat du secteur, qui lance un appel à l’aide au gouvernement fédéral mais aussi aux Régions.

Un frein à la compétitivité ?

L’argument de la compétitivité est souvent celui employé par les organisations internationales. C’est d’ailleurs celui, employé par Luc Sterckx est le président de Febeliec, le lobby qui représente les industries grosses consommatrices d’énergie. Selon Luc Sterckx, "le manque d’action du gouvernement au niveau de la restauration de la compétitivité de nos entreprises au niveau des prix de l’énergie, et spécifiquement ici de l’électricité", est difficilement compréhensible. Il demande d’ailleurs à revoir les montants des "taxes et des contributions excessives qui continuent de rendre les prix de l’électricité non compétitifs pour nos industries".

Une différence concurrentielle que confirme une étude du cabinet Deloitte. En effet, "les prix de l’électricité seraient en moyenne supérieurs de 7 à 27% pour les gros consommateurs industriels en Belgique par rapport aux pays voisins".

Des entreprises moins rentables que chez nos voisins ?

Ce constat sur le prix de l’énergie est aussi celui que fait Luc van Opstal, le directeur des sites Inovyn, près d’Anvers. "Je constate que mes projets à Anvers ou à Jemeppe sont toujours moins rentables que des projets en Allemagne ou en Suède par exemple", indique-t-il.

Ce frein peut avoir une série de conséquences sur le maintien et même la création de l’emploi. En effet, dans la mesure où nos entreprises sont moins rentables qu’en Allemagne ou qu’en Suède par exemple, cela signifie un frein sur l’activité.


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Ainsi, en cas de ralentissement de l’activité, les multinationales décident généralement de fermer d’abord leurs usines les moins rentables. C’est ce qu’explique Umberto Riva est l’administrateur délégué de Thy-Marcinelle, près de Charleroi : "Comme on est un groupe, on a différents sites de production dans d’autres pays, et notamment en France et en Allemagne. S’il y a une dépression sur le marché, s’il y a des coûts qui ont baissé et qu’on se retrouve en difficulté, on doit basculer notre production dans des pays où le coût de l’énergie est plus bas."

La Belgique, moins attractive ?

Au-delà du frein que le prix de l’énergie représente pour les entreprises déjà établies en Belgique, cela pourrait aussi empêcher des multinationales de s’installer dans le pays et de créer de l’emploi. En effet, la facture de l’énergie représente une large part des dépenses des industries lourdes. C’est l’argument que pointe Febeliec. Les prix trop élevés de notre énergie dissuaderaient les multinationales de développer de nouveaux projets en Belgique. Luc Sterckx s’appuie pour dire cela sur une étude économétrique de la KULeuven, réalisée à la demande de Febeliec.

"L’Université de Louvain a démontré qu’une réduction de 10% des prix de l’électricité, qui nous passerait dans le niveau compétitif de nos voisins, équivaudrait à une augmentation de nos investissements d’un demi-milliard d’euros par année", indique le lobbyiste.

Un demi-milliard d’euros d’investissements en plus par an en Belgique, avec à la clé 12.000 emplois supplémentaires si les prix de l’énergie baissaient de 10% pour les grandes industries en Belgique. C’est en quelque sorte le marché que propose Febeliec aux autorités fédérales et régionales. La demande : baisser les taxes sur l’électricité.

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Journal télévisé 23/03/2019

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