Le prix du pétrole va-t-il encore exploser?

Le prix du pétrole va-t-il encore exploser?
Le prix du pétrole va-t-il encore exploser? - © PHILIPPE HUGUEN - AFP

Depuis le début du mois d'octobre, le prix du baril de pétrole brut avait tendance à diminuer, jusqu'à chuter de 20% en un mois. Une nouvelle qui aurait pu réjouir, à terme, les consommateurs. Mais qui séduisait moins du côté des exportateurs de pétrole, comme l'Arabie Saoudite. Riyad a donc décidé de réduire sa production de 500.000 barils par jour dès le mois de décembre. Une manière de jouer sur le concept de l'offre et la demande. Mais concrètement, quel sera l'impact sur le portefeuille des automobilistes ?

Le pétrole perd la cote

Les pays membres de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) et la Russie ont failli paniquer face au cours du baril de pétrole brut qui perdait de sa superbe.

D'abord parce que quelques grands pays producteurs se sont mis à être beaucoup plus prolifiques, ce qui a augmenté l'offre. Ensuite, parce que les bourses sentent venir un ralentissement de la demande, notamment en Chine qui est le plus grand pays importateur. Tout cela a fait chuter le cours de l'or noir. 

Les sanctions américaines n'ont pas eu l'effet attendu

Pour compenser la traîne chinoise, l'Arabie Saoudite et la Russie comptaient sur les sanctions américaines contre l'Iran. Téhéran se retrouvant soudainement limité dans ses manœuvres commerciales internationales, il exporte moins de pétrole, ce qui réduit -a priori- la concurrence de marché pour les autres pays producteurs. Moscou et Riyad, confiants, ont donc continué de produire à leur rythme de croisière pour compenser la baisse d’exportation de l'Iran. Résultat : ils ont produit plus que les quantités de barils iraniens perdus, et se sont retrouvés avec un stock plus important qu'attendu.

À qui la faute?

Selon une logique de chaîne, ce sont les décideurs politiques locaux qui sont en première ligne quand il s'agit des consommateurs. De manière directe, le gouvernement belge tire les ficelles en ce qui concerne notamment les taxes sur le carburant, appelées les accises (des impôts indirects liés à la consommation ou à l'utilisation de certains produits).

En 2015, le gouvernement Michel a décidé d'équilibrer les accises du diesel et de l'essence. Autrement dit, alléger les impôts sur le travail et compenser avec des impôts sur le diesel, considéré comme très polluant. L'objectif étant d'encourager les entreprises à engager plus de travailleurs et ainsi relancer l'économie, et d'inciter les citoyens à consommer moins de diesel. C'est l'une des branches du Taxshift. Mais il s'agit là d'une taxe à taux fixe sur un produit brut dont le prix est aléatoire. Donc quand le cours du pétrole augmente, ça a bel et bien un impact sur ce que vous payerez à la station. 

Alors, finalement, est-ce qu'il faut s'attendre à une nouvelle flambée des pris du carburant ? Difficile à dire, puisque plusieurs éléments peuvent changer le cours des choses... Le tout est de savoir si les autorités saoudiennes arriveront, ou non, à leurs fins : que la demande du pétrole devienne plus importante que ce que les pays producteurs accepteront d'offrir pour augmenter les prix.

 

En France, la contestation gronde, et le mouvement des "gilets jaunes" prend de l'ampleur:

  Action des "gilets jaunes" sur un pont autoroutier de Saint-Brieuc, dans les Côtes d'Armor, ce 12 novembre
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