Le prix du café s'effondre sur les marchés internationaux: quel impact pour le consommateur?

Les prix du café sont en chute libre sur les marchés internationaux. La livre d'arabica valait moins de 1 dollar jeudi soir à New York. C'est ce marché qui sert de baromètre pour les échanges mondiaux de café. C'est aussi son niveau le plus bas depuis douze ans, depuis août 2006. La raison en est toute simple, selon l'économiste français Philippe Chalmin, spécialiste des matières premières : "Nous avons une surproduction un peu partout dans le monde. C'est vrai au Brésil, c'est encore plus vrai au Vietnam qui va bientôt peut-être toucher les 30 millions de sacs, ce qui est de loin de deuxième producteur mondial".

La surproduction est donc le facteur explicatif à cette chute des prix du café sur les marchés internationaux. Pour les producteurs de café, la baisse des prix est évidemment un coût très sérieux dans des pays comme le Brésil, le Costa Rica ou le Vietnam. Et les agriculteurs ne parviennent plus à couvrir leurs coûts de production, poursuit Philippe Chalmin : "La baisse des prix est telle qu'à l'heure actuelle, les paysans vietnamiens commencent à regarder d'autres productions. Ils essaient d'entrer dans le poivre, ils se lancent maintenant dans les fruits tropicaux parce qu'ils sont à un niveau où le prix du marché au Vietnam ne couvre pas la réalité de leur coût de production". 

Si certains renoncent, d'autres explorent des pistes alternatives. Par exemple, celle de la qualité avec les appellations d'origine Éthiopie. La carte du café bio est aussi une réponse à cette surproduction.

Le paquet de café sera-t-il moins cher en magasin? 

La consommation de café dans le monde a beaucoup augmenté ces dernières décennies. Elle a doublé en vingt ans et là pour le moment c'est vrai que l'évolution est plus calme. 1,5 % de croissance de la consommation entre 2016 et 2017 selon l'Organisation internationale du café. Cela dit, Philippe Chalmin, lui parle tout de même de quasi-stagnation.

La chute des prix du café sur les marchés va peut-être avoir impact sur le prix que nous payons en supermarchés, mais à la marge sur les paquets de café en grains ou moulu, en produits blancs ou en marques de distributeur. Mais dès qu'on arrive aux marques dites nationales, Philippe Chalmin, lui, ne croit pas du tout aux baisses de prix : "Ça n'aura strictement aucun impact sur votre dosette de café d'une société suisse que nous connaissons bien. Ça peut se traduire sur le paquet de café en grains, mais là encore, quand nous achetons du café, nous payons aussi l'emballage, la logistique et puis nous payons la marque".

Les marques font en effet payer tout le marketing et toute la publicité qu'elles font pour vendre plus.

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