Le patron de Nissan Carlos Ghosn a été arrêté à Tokyo pour soupçons de malversations

Le constructeur d'automobiles japonais Nissan a annoncé lundi que le président du conseil d'administration Carlos Ghosn avait dissimulé une partie de son salaire au fisc. M. Ghosn, qui est aussi le PDG du groupe français Renault, va proposer son départ, a ajouté le constructeur. Selon l'AFP, il a été arrêté à Tokyo en raison de soupçons de malversations.

Selon des médias japonais, le parquet de Tokyo a demandé au dirigeant de 64 ans de se rendre volontairement dans ses locaux pour des soupçons de violation de la loi. Il est soupçonné de ne pas avoir déclaré la totalité de ses revenus.

"Il est interrogé et sera arrêté une fois que les accusations seront confirmées", selon l'Asahi.

D'autres médias japonais, dont l'agence de presse Jiji, ont ensuite donné des informations similaires. Selon la chaîne de télévision publique NHK, le siège de Nissan à Yokohama, près de Tokyo, a été perquisitionné dans la soirée. 

Contacté par l'AFP, le parquet s'est refusé à tout commentaire.

Nissan a confirmé de son côté que le président de son conseil d'administration avait "pendant de nombreuses années déclaré des revenus inférieurs au montant réel", selon les résultats d'une enquête interne.

"En outre, de nombreuses autres malversations ont été découvertes, telles que l'utilisation de biens de l'entreprise à des fins personnelles", ajoute le groupe qui va proposer au conseil d'administration de le "démettre de son poste rapidement".

Carlos Ghosn, qui est arrivé à Tokyo au printemps 1999 pour redresser Nissan, tout juste uni au français Renault, a passé le relais en avril 2017 à son dauphin, Hiroto Saikawa, tout en restant à la tête du conseil d'administration.

En tant que PDG de Nissan, il avait touché pour la période d'avril 2016 à mars 2017 quasiment 1,1 milliard de yens (8,8 millions d'euros au cours de l'époque).

Il dirige aussi le conseil d'administration du constructeur Mitsubishi Motors, qu'il a sauvé de la débâcle fin 2016 en prenant une participation de 34% dans le groupe.

Sanction des marchés

Le titre du constructeur automobile Renault creusait ses pertes lundi à la Bourse de Paris, s'effondrant de plus de 12% après que Nissan a confirmé que Carlos Ghosn, qui préside le constructeur japonais, a dissimulé des revenus au fisc japonais et va proposer son départ.

À 11H02, l'action Renault s'écroulait de 12,39% à 56,51 euros, dans un marché à l'équilibre (+0,03%).

 

Récemment, Emmanuel Macron rencontrait encore Carlos Ghosn, le patron de Renault:

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