Le mécénat séduit les entreprises: des dons d'argent, mais pas uniquement

Le mécénat d’entreprise était au coeur de la séquence "Le marché matinal" ce mercredi sur La Première, avec ce chiffre qui sort d’une enquête publiée par l’association Prométhéa : une entreprise sur deux soutient aujourd’hui des projets sociétaux liés à la culture, à l’humanitaire ou encore à la sauvegarde du patrimoine. C’est le principal résultat d’une enquête réalisée auprès de 638 entreprises qui emploient au moins 20 personnes. Cette enquête montre au passage que, contrairement à ce qu’on imagine parfois, le mécénat n’est pas réservé aux grandes entreprises. De quoi réjouir Benoît Provost, le directeur général de Prométhéa.

"C’est ça qui est vraiment passionnant dans le métier que nous faisons. C’est qu’évidemment, et l’étude le montre, 75% des grandes entreprises soutiennent des causes, mais quasiment 50% des PME soutiennent également des causes. On voit donc qu’il y a là un mouvement extrêmement fort qui concerne non seulement les grandes entreprises, mais également les PME. Et j’ajouterais même que d’autres études corroborent ce besoin d’engagement des entreprises, qu’elles soient grandes ou de plus petite taille."

De l'argent, mais pas uniquement

Concrètement, les dons des plus petites entreprises sont de l’ordre en moyenne de 4000 euros par an, 10.000 euros en moyenne environ pour les PME plus importantes et 15.000 euros en moyenne pour les grandes entreprises. Mais tendance qui se confirme : les dons ne sont plus exclusivement financiers.

"C’est un phénomène qu’on constate de plus en plus, des aides matérielles, par exemple des entreprises qui vont fournir des ardoises pour la rénovation d’un beau lieu de patrimoine en Wallonie. Et à côté de cette aide matérielle, il y a aussi toute l’aide en compétences qui prend une importance croissante", confirme Benoît Provost. Un exemple concret : un bureau d’avocats qui offre plusieurs dizaines d’heures de travail, de consultation, à telle ou telle association.

Toutes les entreprises n’ont pas forcément les mêmes motivations. Il peut y avoir des motivations fiscales, mais c’est quand même relativement rare. Ce que l’enquête montre surtout, c’est que les entreprises qui font du mécénat, qui sponsorisent des événements culturels, des projets environnementaux ou aussi des clubs de sport locaux — on ne parle pas d’Anderlecht ou du FC Bruges — en retirent pas mal de satisfaction.

"Mécénat de compétences"

Selon Benoît Provost, "les entreprises qui font du mécénat, par rapport à celles qui n’en font pas, se sentent plus attractives, trouvent que le mécénat a un rôle fédérateur et que ça peut renforcer le sens de la mission de l’entreprise. Plus concrètement, qu’est-ce que ça veut dire ? À Prométhéa, nous réunissons plus d’une centaine d’entreprises membres et nous avons récemment mené une enquête en leur demandant combien d’entre elles seraient prêtes à offrir du mécénat de compétences."

Et le directeur général de Prométhéa d'ajouter : "Le mécénat de compétences, c’est vraiment la prestation pro deo, pro bono, en faveur d’une cause. Sur une centaine d’entreprises, nous avons recensé 5 250 heures de mécénat de compétences que nous allons pouvoir attribuer à des projets. C’est vous dire l’importance que ce type d’engagement prend également pour l’entreprise."

Le patron de la boîte joue aussi forcément un rôle clé. C’est parfois lui qui va effectivement entraîner ses équipes vers le mécénat. Mais, constate Benoît Provost, l’impulsion vient de plus en plus souvent des équipes. Et ça, c’est évidemment très important pour les entreprises aussi.

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