Le marché du livre de cuisine stagne et cherche à se renouveler

Les livres de cuisine occupent des rayons entiers dans les librairies. « La cuisine de l’étudiant », « Le grand livre de la cuisine japonaise », « La pâtisserie de Cyril Lignac », « Bien dîner en rentrant du boulot », « Jamie en 15 minutes » et tant d’autres : il y en a vraiment pour tous les goûts. Mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, le marché du livre de cuisine recule depuis trois ou quatre ans. Et ce n’est pas à cause de la concurrence des recettes gratuites sur Internet. Pour Céline Le Lamer, directrice éditoriale de Hachette Pratique (et donc de Hachette Cuisine), le marché est simplement en train de se normaliser après une bulle causée par l’accumulation d’une série de phénomènes, et notamment celui des livres objets. Un autre phénomène qui a fait bondir le marché du livre de cuisine, ce sont les émissions culinaires, qui ont donné envie à plus de gens d’acheter des livres de cuisine, selon elle.

Le marché des livres de cuisine se normalise donc, de sorte qu’il ne reste plus aujourd’hui que les maisons spécialisées dans ce créneau, alors qu’en pleine bulle, tout le monde ou presque éditait des livres de cuisine.

La cuisine du quotidien

En ce moment, la grande tendance dans ce secteur, c’est la cuisine du quotidien, avec un énorme succès d’édition. Le titre, « Simplissime », lancé en 2015 et décliné depuis sous toute une série de thèmes : « On l’a vraiment bien travaillé et on continue à sortir des titres. Là c’est vraiment de la cuisine du quotidien et « Simplissime » a représenté en 2016 à lui seul 10% du marché de la cuisine. C’est donc vraiment un phénomène rarissime qui montrait que le public, le lectorat, voulait cuisiner au quotidien », explique Céline Le Lamer.

Ces livres mettent à l’honneur une cuisine à la fois saine et simple à mettre en œuvre, rapide, goûteuse. Autre tendance très actuelle qui suscite l’édition de pas mal de livres : le robot cuiseur. On met tous les ingrédients dans le robot, on pousse sur le bouton, on s’installe paisiblement dans son canapé et on attend de déguster. Autre tendance — bel anglicisme — le « batch cooking » : « L’idée, c’est qu’on va au marché le dimanche, on cuisine deux heures, on prépare tous les plats de la semaine et pour certains, on n’a plus qu’à réchauffer ou rajouter une petite touche le soir même. Donc, le soir même, en 10 minutes, c’est fait » poursuit Céline Le Lamer.

Les livres de cuisine publiés par les grands chefs continuent à se vendre, mais ils ne boxent pas dans la même catégorie, c’est plutôt un marché de niche. Les recettes des grands chefs sont généralement assez compliquées d’un point de vue technique, ce sont souvent de beaux livres, de beaux objets, assez chers, qu’on offre ou qu’on s’offre volontiers à l’occasion des fêtes de fin d’année. Mais oui, il y a toujours un marché pour les grandes signatures.

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