Le manque de confiance des consommateurs plombe l'économie wallonne, selon l'UWE

L’Union Wallonne des Entreprises (UWE) a fait le point sur l’évolution de la conjoncture économique chez nous : le mot clé c’est "ralentissement". Le coup de frein sur la croissance est effectivement perceptible un peu partout en Europe, et donc aussi en Wallonie. C’est la perception des entreprises wallonnes, selon Didier Paquot, le directeur du département économique de l’Union Wallonne des Entreprises : "La situation s’est stabilisée plus ou moins dans la deuxième partie de 2018, mais va se détériorer dans la première partie de 2019. On voit donc là que ça correspond à des indices plus globaux européens ou belges".

L’économie wallonne, petite économie ouverte, est évidemment très sensible à l’évolution de la conjoncture européenne, voire mondiale, poursuite Didier Paquot : "Elle est sensible parce qu’elle dépend fort de ses exportations et de ses grandes exportations. Maintenant, on a la chance avec la mutation industrielle que la pharmacie ou l’aéronautique sont moins sensibles à la conjoncture que ne pouvait l’être l’acier, par exemple. Ça stabilise donc plus la conjoncture en Wallonie grâce à ces grands secteurs".

"Manque de confiance"

En tout cas, les exportations wallonnes ont largement contribué à la croissance de l’économie wallonne en 2017 et en 2018. La consommation des ménages, en revanche, n’a pas pris le relais alors que l’emploi wallon a progressé de manière significative ces dernières années. Cela est causé par l'inquiétude des ménages, la confiance des consommateurs s’est dégradée. Prudence donc pour leurs investissements et pour leurs dépenses de consommation, dit encore Didier Paquot : "Plutôt que de dépenser l’augmentation de leur revenu disponible, ils en épargnent une partie, ce qui est une preuve de manque de confiance par rapport à l’avenir. On sent donc que ce monde incertain dans lequel on est, qui est alimenté par les populismes, par les crises de commerce, etc., touche les consommateurs, touche les ménages, qu’ils restent prudents et qu’ils n’ont donc pas confiance dans une reprise complète de l’économie. Par exemple, alors que le chômage descend depuis trois ans, ils craignent encore le chômage. Ce paradoxe ne peut s’expliquer que parce que le climat est anxiogène pour le moment. Et on retrouve la même chose chez les investisseurs, où les taux d’intérêt sont bas, les finances des entreprises sont bonnes, et pourtant elles n’investissent pas".

L’Union Wallonne des Entreprises se réjouit de la baisse importante du taux de chômage. Mais Didier Paquot rappelle tout de même qu’un taux de chômage de l’ordre de 8 à 9% — c’est à ce stade qu’on se trouve pour le moment — c’est bien sûr beaucoup mieux qu’il y a 10 ans, mais ça reste dans l’absolu beaucoup, trop, quand on sait, dit-il, que de nombreuses entreprises ne trouvent pas tout le personnel dont elles ont besoin pour doper leur croissance : "Il y a une partie non négligeable d’entreprises qui disent qu’elles ne peuvent plus produire parce qu’elles ne trouvent pas la main-d’œuvre dont elles ont besoin. À mon avis, c’est vraiment le problème essentiel de la Wallonie maintenant, c’est la formation, c’est la mise au travail, c’est de rencontrer les besoins des entreprises en termes d’emploi. C’est certainement le problème numéro un et le défi numéro un pour la Wallonie pour le moment".

Ce sera aussi un des chantiers prioritaires que le patronat wallon va soumettre au prochain gouvernement wallon.

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