Le JEFTA, un accord commercial qui inquiète l'industrie automobile allemande

Le JEFTA, un accord commercial qui inquiète l'industrie automobile allemande
Le JEFTA, un accord commercial qui inquiète l'industrie automobile allemande - © KOJI SASAHARA - AFP

Le JEFTA, traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Japon a été signé ce mardi. Présenté comme le plus gros accord commercial bilatéral, il s’agit en fait d’un accord de riposte face aux mesures protectionnistes américaines. Le timing de la signature de cet accord n’est donc en rien dû au hasard et politiquement le message est clair, l’Europe se tourne désormais en partie vers l’Asie et le Japon est manifestement preneur.

Un milliards d'euros de droits de douane en moins

Le Japon était jusqu’ici un marché plutôt fermé avec des tarifs douaniers imposants, notamment sur les produits européens. Cet accord, c’est un milliard d’euros de droits de douane en moins pour les entreprises européennes. Il est surtout question d’exporter vers le Japon des produits agricoles, du vin, du fromage. C’est l’ensemble de l’industrie agroalimentaire européenne qui est concerné. Pour la petite histoire, l’appellation jambon d’Ardenne belge sera reconnue au Japon.

L’intérêt est clair, le marché européen pour ses produits agricoles est surabondant, il produit trop. Il y a des débouchés possibles sur l’île Japon densément peuplée, mais qui manque de surfaces agricoles.

De leurs côtés, les européens ont fait quelques concessions. En première ligne, la suppression des droits de douane de 10 % sur les voitures japonaises qui redeviendront donc un peu plus compétitives sur le marché européen, ce qui inquiète paradoxalement plus l’industrie automobile allemande que française, pour Michel Hermans. "Cette suppression de la barrière de 10 % va peut-être faire mal, non pas aux voitures françaises, mais aux voitures allemandes qui sont dans le collimateur, et des Américaines, et du monde entier. A cause du Dieselgate, c’est vraiment les Allemands qui ont peur de voir un effondrement de leur industrie automobile."

Une mobilisation quasi inexistante

A l'inverse du CETA, la mobilisation est quasi-inexistante pour cet accord. Pourtant les critiques vis-à-vis de ce Jefta sont les mêmes que celles formulées pour le CETA : opacité des négociations et volet environnemental largement insuffisant. Il faut dire que le timing de cette signature, juste après la Coupe du monde et en pleine période de vacances, n’y est la non plus sans doute pas étranger.

L'accord ne prévoit par contre pas à ce stade de tribunaux d'arbitrages pour régler les différends entre entreprises et Etats. La question est encore en suspens, et cette pierre d’achoppement dans les négociations devra encore être tranchée. Pour Michel Hermans, "Ce sera sans doute moins grave cette fois-ci, les règles seraient moins privées que pour le CETA – et un peu plus étatiques. Même si on s’inspire pour l’instant très largement des négociations avec le Canada".

Signature de l'accord Europe - Japon:

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