Le ฿itcoin, la monnaie électronique qui cartonne... jusqu'au krach?

฿ ou  Ƀ, ce sont les symboles de cette monnaie inventée en 2009 par un certain Satshi Nakamoto, sans doute un pseudonyme pris par un collectif de personnes. Bitcoin est non seulement une monnaie virtuelle mais aussi un protocole d'échange sécurisé et gratuit.

Son fonctionnement passablement compliqué est expliqué dans cet article de Wikipédia et détaillé sur le site de l'organisation.

Libertaire

On retiendra surtout que cette monnaie immatérielle est déterminée par une ligne de code de 64 chiffres, calculé par un logiciel.

Ce logiciel fonctionne de façon décentralisée ("peer-to-peer"). Pas de monopole, pas de banque centrale, pas d'Etat garant : la monnaie et les transactions sont validées par un réseau.

Voilà pour l'aspect libertaire du bitcoin. C'est vraiment la monnaie de l'âge de l'internet : immatérielle et internationale.

Techniquement, il s'agit d'un logiciel libre, la sécurité est garantie par des clés informatiques et des procédés cryptographiques. Les ordinateurs participant à ce réseau, et leurs propriétaires donc, en tirent un revenu, en bitcoins bien sûr. Et même si tout est blindé on peut imaginer que tout puisse se casser la figure, buguer ou se faire pirater.

Caractéristique de ce système : il est prévu de créer seulement 21 millions de bitcoins.

On limite ainsi la quantité imaginable de bitcoins en circulation, pas d'inflation possible, on ne fera pas tourner la planche à billets. C'est aussi le point commun avec l'or : la quantité totale disponible est de toute façon limitée.

Il y a environ 10 millions de bitcoins pour l'instant, mais comme ils sont divisés jusqu'au cent millionième, il y a de la marge.

Les bitcoins s'achètent sur des sites d'échange comme MT.Gox par exemple.

Spectre du krach

Côté valeur, le bitcoin a longtemps été sous la barre des 10 euros, mais depuis peu sa valeur s'envole et a franchi les 150 euros. Avec le nombre de bitcoins en circulation actuellement, sa masse de capitalisation dépasse le milliard de dollars.

De là l'idée d'une possible spéculation, à la façon de la crise de la tulipe au Pays-Bas septentrionaux au 17ème siècle.

Mais de l'avis d'un chercheur en finances interrogé par Atlantico, le bitcoin est solide et ne risque pas de s'écrouler: sinon, il l'aurait déjà fait depuis longtemps. Il y aura sans doute une correction, après une appréciation due à l'arrivée massive de nouveaux utilisateurs.

Chypre

Alors qui sont ces nouveaux utilisateurs? La crise chypriote n'est sans doute pas étrangère au succès du bitcoin.

Mettre son argent à l'abri des saisies sur comptes en banque : voilà une autre utilisation du bitcoin. Et qui semble aussi intéresser des déposants ailleurs qu'à Chypre : le système a également beaucoup de succès en Espagne par exemple.

C'est ce que raconte cet article de Courrier international qui y voit un projet plus politique qu'économique, qui pourrait sonner le glas de l'Etat : en effet, "que se passe-t-il quand la démocratie n'est plus une affaire de groupe mais d'individus et que chacun a littéralement le pouvoir de payer ou d'être payé sans que personne ne le sache ? Qu'advient-il de l'Etat qui ne survit que grâce à l'impôt ?"

Dark Web

Autre utilisation possible de cette monnaie immatérielle et anonyme : le côté sombre du web, le "dark web", comme par exemple le commerce de drogue. Un site d'achat de drogue en bitcoins enregistre ainsi un chiffre d'affaires mensuel de près de 1,2 millions d'euros.

A côté de cela, le bitcoin a aussi d'autres usages, on peut payer en bitcoins sur de plus en plus de sites, comme comme Wikileaks et Wordpress, ainsi que ce petit film qui vient d'être publié sur le net l'explique.

Bitcoin Explained from Duncan Elms on Vimeo.

Qui sait, bitcoin pourrait jouer le rôle de monnaie de complément et remettre en cause les systèmes bancaires que nous connaissons. Ainsi après avoir révolutionné la presse, le commerce, la musique et le cinéma, internet aura aussi changé le visage de la banque.

 

RTBF

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