Le groupe de Bilderberg, un club trop mystérieux pour être honnête?

Le groupe de Bilderberg, un club trop mystérieux pour être honnête?
Le groupe de Bilderberg, un club trop mystérieux pour être honnête? - © BELGA/AFP

Le monde retient son souffle. D’ici quelques heures, Donald Trump doit se prononcer sur le maintien (ou pas) des États-Unis dans les accords climatiques de Paris. Télescopage des agendas, au même moment, le groupe de Bilderberg tient sa réunion annuelle dans la riante cité de Chantilly (Virginie), à un jet de pierre de Washington. Les oreilles de Donald Trump risquent de siffler... Pour cette édition 2017, le groupe de Bilderberg, ce club très confidentiel d’environ 130 puissants de ce monde, "triés sur le volet", nous signale en passant un ancien participant – se penche essentiellement sur la présidence de Donald Trump.

Vaste débat en perspective, mais dont nous ne saurons rien. Comme d’habitude, la réunion se tient à huis clos. Pendant trois jours, les participants sont coupés du monde, leurs travaux se déroulent bien à l’abri des médias. Le fruit de leurs réflexions est voué à rester confidentiel, les participants sont tenus par un devoir de réserve.

Que nenni

Devant un tel souci de discrétion, il n’en faut pas plus pour alimenter la grande usine à fantasmes. Sur le web et ailleurs, les théories de la conspiration autour du groupe de Bilderberg font florès. Certains n’hésitent pas dépeindre ce club - trop mystérieux pour être honnête ? - de gouvernement occulte du monde, de directoire mondial qui tirerait toutes les ficelles en coulisses.

La réalité serait beaucoup moins romanesque que ça. Certes, cette année il y aura encore du beau monde : l'ancien diplomate Henry Kissinger, le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg, le nouveau ministre du Commerce américain Wilbur Ross, Eric Schmidt (le président d'Alphabet, la maison mère de Google), ou encore François Lenglet, journaliste économique pour France 2.

Pour la Belgique, sont normalement attendus Gwendolyn Rutten, la présidente de l’Open VLD et Thomas Leysen, le patron de la KBC. Mais cette année, pas de Charles Michel. Il a participé l’an dernier en Autriche à une réunion du groupe de Bilderberg, mais cette fois-ci, il a décliné pour cause d’agenda chargé. Tenu lui aussi à un devoir de discrétion, il n’en qualifie pas moins les fantasmes liés au groupe de "ridicules". 

Invité en tant que "jeune Premier ministre, défenseur de l’Europe", Charles Michel a par contre apprécié la qualité intellectuelle des échanges avec les autres participants. "Nous discutons, c’est vrai, des grandes questions du monde, mais sur un mode prospectif. L’an dernier par exemple, certains travaux tournaient autour de l’intelligence artificielle. Cela m’a permis de prendre la mesure et l’importance de l’intelligence artificielle dans les années à venir".

Carnet d’adresses

Reste qu’une concentration de 130 leaders apporte aussi d’autres avantages que la seule stimulation intellectuelle. Sur des thèmes plus politiques, Charles Michel reconnait que c’est une occasion de rencontrer des gens très bien informés, car aux premières loges. Ainsi, quand les Britanniques ont voté en faveur du Brexit, le remplacement de David Cameron par Theresa May n’a pas vraiment constitué une surprise pour Charles Michel.

Bref, le groupe de Bilderberg, juste un club de leaders qui discutent le coup ? Le Premier ministre n’irait pas jusque-là. Il ne nie pas une certaine forme de réseautage, une opportunité d’étoffer son carnet d’adresse, qui peut être utile dans l’avenir. L’an dernier, par exemple, Charles Michel a croisé un certain Edouard Philippe, le tout nouveau Premier ministre français. Idem quand il s’agit de prendre le petit déjeuner avec Henri De Castrie, grand patron d’Axa, un temps pressenti pour être le Premier ministre de François Fillon.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK