Le géant pétrolier et gazier Shell va supprimer entre 7000 et 9000 emplois d'ici 2022

Le géant pétrolier et gazier Shell va supprimer entre 7.000 et 9.000 emplois de par le monde d'ici 2022, en raison de conditions de marché difficiles dans le secteur pétrolier liées à la crise du coronavirus, a-t-il indiqué mercredi.

L'entreprise, qui emploie 83.000 personnes dans le monde, publie mercredi une mise à jour commerciale intermédiaire en prévision des résultats trimestriels.

Le nombre d'emplois supprimés par Shell comprend également environ 1.500 employés qui ont déjà quitté volontairement l'entreprise dans le courant de l'année. Les pertes d'emplois se produiront jusque fin de 2022 et devraient entraîner des économies de 2 à 2,5 milliards de dollars par an.

Shell précise qu'il prévoit aussi une charge de dépréciation de 1 à 1,5 milliard de dollars après impôts dans ses comptes du troisième trimestre.

"Nous devons avoir une organisation plus simple, plus rationalisée et plus compétitive", a déclaré le CEO Ben van Beurden. "Nous remarquons qu'il y a trop de strates dans l'entreprise, en de nombreux endroits; trop d'étages entre moi en tant que CEO et les opérateurs et les techniciens sur place."

Le directeur général estime encore que face au choc de la pandémie, le groupe a agi "rapidement" pour couper ses coûts notamment en éliminant le versement de son dividende, mais qu'il se doit de rester "compétitif" et a besoin de devenir plus "agile" et resserré.

Shell explique notamment dans son communiqué mercredi qu'environ "80% de ses ventes de gaz naturel liquéfié en 2020 ont été liées aux prix du pétrole" et que la forte baisse de ces derniers depuis le début de l'année se traduit sur les marges de l'activité gazière.

Le groupe fait face non seulement au choc de la pandémie de coronavirus qui a plombé l'activité et les déplacements et par là-même la demande pétrolière mondiale, mais aussi au défi de la transition énergétique.

Shell s'est donné pour objectif d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050, tout comme BP, qui a estimé la semaine dernière que la demande d'or noir pourrait déjà avoir atteint son pic et ne plus jamais retrouver ses niveaux d'avant le Covid-19.

Entre mars et avril, les cours de l'or noir s'étaient effondrés face aux mesures de confinement à travers le monde, plongeant même brièvement en territoire négatif pour la première fois. Ils sont depuis remontés autour de 40 dollars le baril.

Il s'agit d'une énième annonce dans le secteur cette année. BP a déjà annoncé qu'elle supprimerait 10.000 emplois, Chevron veut réduire ses effectifs de 10 à 15%, et Exxon Mobil évalue le nombre d'employés pays par pays.

Conséquences du coronavirus sur le pétrole: sujet du JT 09/03/2020

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