Le géant allemand Siemens absorbe définitivement la liégeoise Samtech

Ce n’est pas un couper de ruban inaugural qui a eu lieu ce matin, mais bien un couper de cordon. Enfin, pourrait-on dire, la société publique d'investissement et de financement MeusInvest a cédé ses dernières actions dans Samtech au géant Siemens. Et suite à cette cession l'intégration totale de Samtech au géant mondial allemand est donc désormais effective.

Encore un fleuron belge qui part à l'étranger?

"Tanguy" a coupé le cordon, comme prévu. Parce que "déjà en 2011, il était prévu que l’on vende nos parts. Une partie à ce moment-là, une partie trois ans plus tard, et le solde en 2019 ", souligne Gaëtan Servais, directeur général de Meusinvest. A l'époque, Samtech, petit poisson liégeois innovant, se fait racheter par un poisson louvaniste un peu plus gros: LMS (qui lui-même se fait racheter un an plus tard, en 2012, par le gros poisson, Siemens).

32 ans de présence publique dans l’actionnariat

Après 32 ans de présence publique dans l'actionnariat, Samtech était la plus ancienne participation dans le portefeuille de Meusinvest. Surprenant, et loin d'être courant. Parce que le but principal d’un fonds public c'est en général de soutenir le lancement et le développement d'entreprises innovantes....et puis de céder les part pour passer à autre chose. Dans la plupart des cas, dans d'autres fonds d'investissements publics, la durée de la participation au capital est de 5 ans, parfois 10 ans, maximum.

Comment expliquer trois décennies de participation publique?

D'abord, pour une raison purement financière: le rendement. Meusinvest, fonds d’investissements, vit de sa rentabilité. Or, dans le cas de Samtech, nous parlons, d'un "rendement annuel moyen de 15%" depuis la création de l'entreprise. Impressionnant et de quoi retarder le moment de la vente des parts.

Nous sommes très fiers d’avoir établi un des centres de recherche de Siemens en simulation mécatronique, à Liège, en Belgique, en Wallonie

Ensuite il y a la question de l'exemple, du rôle-modèle. Samtech a été l'une des premières  sociétés liégeoises de conversion: des métiers de l'ingénierie, oui, mais pas directement liés à la sidérurgie ou l'industrie mécanique classique. Plutôt dirigés vers l’électronique et l'informatique - pour faire court. L'ambition derrière cet investissement-là c'était de maintenir installée à Liège une entreprise qui puisse servir d'aimant. Et en attirer d'autres, dans des secteurs considérés comme d'avenir.

De spin-off de l'ULG à centre de recherche de Siemens

Loin de l'image des groupes internationaux qui quittent la Belgique en laissant derrière eux mauvais souvenir et procédures de licenciements... en sept ans, depuis le rachat par Siemens, le centre de recherche a été maintenu par Siemens au parc scientifique de Liège. Et l'emploi a été augmenté de 50 à une grosse septantaine de personnes.  "Il y a donc deux aspects, glisse Gaëtan Servais, "on est parvenus en sept ans, à ce que l’emploi et le centre de recherche restent bien basés au Sart-Tilmant – et crée de l’emploi, parce que la plateforme commerciale de Siemens permet d’accélérer un peu l’activité, mais dans l’autre sens, nous sommes très fiers d’avoir établi un des centres de recherche de Siemens en simulation mécatronique, à Liège, en Belgique, en Wallonie."

"Pour nous, avoir une société comme Siemens dans le parc scientifique, c’est une plus-value pour l’ensemble de l’écosystème, Il n’y a donc pas que le maintien de l’emploi".

La plus-value la plus importante, en valeur, de l’histoire de Meusinvest

Donc oui, effectivement, il s'agit encore d'un fleuron belge dont le centre de décision sera désormais basé à l'étranger. Cela dit, pour Gaëtan Servais, "si demain, Siemens annonce que maintenant qu’ils ont 100% des parts, ils s’en vont, je vous dirai que c’est un poisson d’avril…Mais je ne pense pas que ce sera le cas, parce qu’il y a une intégration des équipes". Et il n'y a de toute" façon, jusqu'à preuve du contraire pas d'équivalent belge à Siemens qui aurait pu absorber ce fleuron wallon...devenu l'un des centres de recherche d'un groupe international. 

En plus de l'argent récupéré par la vente des actions, apparemment la plus-value la plus importante, en valeur, de l’histoire de Meusinvest. Nous n’aurons pas le détail, clauses de confidentialité oblige. Mais cette plus-value - discrète mais importante - d'apparemment plusieurs millions d'euros, libère de l'argent à investir dans de nouvelles entreprises. 

 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK