Le G7 va œuvrer en faveur d'un nouvel accord mondial sur le climat

Le G7 va œuvrer en faveur d'un nouvel accord mondial sur le climat
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Le G7 va œuvrer en faveur d'un nouvel accord mondial sur le climat - © THIERRY ROGE - BELGA

Selon Reuters, les dirigeants des pays du G7 réunis à Bruxelles se sont engagés jeudi à appuyer un nouvel accord mondial de lutte contre le changement climatique à la conférence de Paris en décembre 2015. Dans un projet de communiqué qui doit être approuvé dans la journée, ils affichent leur "détermination" à adopter un nouveau pacte "ambitieux et global reflétant l'évolution de la situation mondiale". De son côté, Barack Obama a refusé se "mêler" de l'affaire BNP Paribas.

Dans leur communiqué, les pays du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Canada) réaffirment leur engagement à limiter à 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels la hausse des températures mondiales.

Le texte invite également ses membres à annoncer leurs contributions nationales de baisse des émissions de gaz à effet de serre d'ici au premier trimestre 2015.

Connie Hedegaard, la commissaire européenne à l'Action pour le climat, a souligné que l'UE était en avance sur ses objectifs de réduction à l'horizon 2020 de ses émissions de GES (-20% par rapport aux niveaux de 1990).

"Aucun d'entre eux ne veut être perçu comme le dernier de la classe, ce qui est une bonne chose", a commenté Alden Meyer de l'Union of Concerned Scientists, une ONG américaine, en marge des discussions préparatoires à la conférence de Paris sur le climat qui se déroulent cette semaine à Bonn.

Obama refuse de se "mêler" de l'affaire BNP Paribas

Le président américain Barack Obama ne veut pas intervenir dans l'affaire BNP Paribas car il "ne se mêle pas" des affaires de justice dans son pays, a-t-il déclaré ce jeudi à Bruxelles, au terme de la réunion du G7.

"La tradition aux Etats-Unis est que le président ne se mêle pas des affaires de justice", a répondu Barack Obama, en réponse à une question sur les sanctions que la justice américaine pourrait infliger à la banque française, sanctions qualifiées de "totalement disproportionnées" par le président français François Hollande.

Accusée d'avoir enfreint l'embargo américain en réalisant des opérations en dollars avec des pays comme l'Iran ou le Soudan, BNP Paribas risque une amende record, qui pourrait avoisiner les 10 milliards de dollars selon la presse américaine, ainsi qu'une suspension temporaire de certaines de ses activités.

Les autorités françaises, qui craignent que ces sanctions affectent la capacité de la banque à distribuer des crédits, font également valoir que le dossier pourrait créer un précédent pour d'autres grandes banques en Europe et in fine déstabiliser la zone euro.

La sécurité énergétique, une priorité

Les pays du G7 doivent aussi s'engager à faire du renforcement de leur sécurité énergétique une priorité, notamment en diversifiant leur sources d'approvisionnement.

"L'utilisation de l'approvisionnement énergétique comme un moyen de coercition politique ou comme une menace à la sécurité est inacceptable", affirment-ils selon le projet de déclaration finale du sommet du G7 que l'AFP a pu consulter.

Les Occidentaux dénoncent depuis le début de la crise en Ukraine l'utilisation du gaz par la Russie comme un moyen de pression sur l'Ukraine mais aussi sur les Européens.

"La crise en Ukraine montre clairement que la sécurité énergétique doit être au centre de notre programme commun et exige un changement radical en vue de diversifier les approvisionnements en énergie et de moderniser nos infrastructures énergétiques", ajoutent les dirigeants du G7, qui ont exclu la Russie de leur club après l'annexion de la Crimée et la déstabilisation de l'Est de l'Ukraine.

Le géant gazier russe Gazprom a repoussé au 10 juin son ultimatum à l'Ukraine pour le paiement de sa dette gazière et la poursuite des livraisons, et menace de couper ses approvisionnements. L'UE, qui importe le quart de son gaz de Russie, et dont près de la moitié transite par l'Ukraine, craint d'être la victime collatérale d'une coupure des approvisionnements de gaz à l'Ukraine.

Après la réunion des ministres de l’Énergie du G7 à Rome début mai, les dirigeants du G7 s'engagent à "compléter les efforts de la Commission européenne afin de développer des plans énergétiques d'urgence au niveau régional pour l'hiver 2014-2015". La Commission doit présenter son plan lors du sommet européen fin juin à Bruxelles.

Le G7 promet aussi d'aider l'Ukraine et d'autres pays européens, sur les plans techniques et financiers, à "développer des ressources en hydrocarbone et des énergies renouvelables locales, et pour améliorer leur efficacité énergétique".

Il demande à l'Agence internationale de l'énergie (AIE), en coopération avec la Commission européenne, de "présenter d'ici fin 2014 des options pour des actions individuelles et collectives du G7 dans le domaine de la sécurité gazière".

Présidence de la Commission: "franche discussion" entre Cameron et Merkel

Le Premier ministre britannique David Cameron et la chancelière allemande Angela Merkel ont eu mercredi soir une "discussion franche" sur le futur président de la Commission européenne, ont fait savoir les services du premier.

"Leur discussion a été amicale, franche et constructive, comme c'est la cas d'habitude et avec la volonté de trouver un consensus", a-t-on ajouté de même source.

Dès la semaine dernière, au lendemain des élections européennes, M. Cameron a clairement affiché son opposition à l'arrivée à la tête de la Commission de Jean-Claude Juncker, le candidat du PPE, le parti de centre droit qui est resté la première force au Parlement européen après les élections du 25 mai. Pour les Britanniques, M. Juncker, qui fut Premier ministre du Luxembourg pendant près de 19 ans, est à la fois un homme du passé et trop fédéraliste.

Mme Merkel, membre du PPE comme M. Juncker, lui a apporté son soutien, même si elle souligne la nécessité de prendre en compte le point de vue de Londres.

Outre leur point de vue différent sur la présidence de la Commission, la probable adhésion des députés anti-euro allemand de l'AFD au groupe mené par les conservateurs britanniques pourrait constituer un motif de tension entre les deux dirigeants.

Jeudi matin, M. Cameron a aussi rencontré le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, sorti renforcé après sa large victoire dans son pays aux européennes, le président de la Commission sortante, José Manuel Barroso, et le président du Conseil européen Herman Van Rompuy, chargé la semaine dernière par les dirigeants européens de trouver un compromis sur le nom du prochain président de la Commission.

Les dirigeants européens doivent proposer un nom à l'occasion de leur prochain sommet les 26 et 27 juin à Bruxelles. Le Parlement européen se prononcera sur cette proposition lors d'une session plénière à Strasbourg à la mi-juillet.

Barack Obama a quitté Bruxelles

Le président américain Barack Obama a quitté jeudi après-midi la Belgique. "Air Force One", l'étincelant Boeing 747 présidentiel, s'est envolé peu avant 17h00 à destination de Paris, a constaté l'agence BELGA.

Barack Obama doit participer vendredi aux commémorations du 70ème anniversaire du débarquement allié en Normandie - où M. Poutine sera présent. 

Arrivé mercredi après-midi à Bruxelles, le président américain y a passé un peu plus de 24 heures. Il a a profité pour rencontrer le roi Philippe et le Premier ministre Elio Di Rupo - qui lui assuré que la Belgique avait toujours été un "allié fiable" et qu'elle "le restera".

Il ensuite retrouvé mercredi soir et jeudi au Juste Lipse les dirigeants français, britannique, allemand, italien japonais et canadien ainsi que les présidents du Conseil européen et de la Commission. 

Ce sommet du G7 sans le président russe Vladimir Poutine remplace le G8 initialement prévu à Sotchi (Russie) mais annulé après l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par Moscou.

A Paris, le président François Hollande va recevoir coup sur coup dans la soirée M. Obama puis M. Poutine.

Les dirigeants américain et russe, engagés dans un bras de fer diplomatique sur fond de crise ukrainienne, ne devraient pas se croiser dans la capitale française. M. Poutine doit toutefois s'y entretenir avec le Premier ministre britannique David Cameron.

RTBF avec AFP et Reuters

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