Le double statut d'étudiant et d'entrepreneur: la schizophrénie positive

Un jeune  diplomé peut désormais cacher un chef d'entreprise.
Un jeune diplomé peut désormais cacher un chef d'entreprise. - © FRANCOIS WALSCHAERTS - BELGA

Une tendance se développe sur les campus de nos universités et de nos hautes écoles: aider les étudiants entrepreneurs à mener, en parallèle, leurs études supérieures et leur projet d'entreprise. Et, apparemment, la demande est très forte parmi les étudiants du supérieur.

Etudiant et entrepreneur sont a priori deux mondes différents. Pourtant, sur les campus des universités et des hautes écoles de Wallonie et à Bruxelles, il y a un véritable engouement pour ce statut hybride

" Quelque chose est en train de se passer sur nos campus " C’est le constat enthousiaste de Bruno Wattenbergh, directeur d’Impulse, l’agence bruxelloise de l’entreprise, mais également professeur d’entrepreneuriat à la Solvay Brussels School of Economics and Management. " Quelque chose est en train de se passer. Il y a 15 ans, on essayait de se battre pour convaincre les bons étudiants de devenir entrepreneurs, ne fût-ce qu’envisager quelque chose d’autre que de rentrer dans une grande entreprise. Aujourd’hui, ils veulent tous le devenir. Si on prend l’exemple de Solvay, la mineure, donc la spécialisation master qui est la plus choisie aujourd’hui, depuis un an, c’est la mineure entrepreneuriale."

Linkube : l’incubateur namurois

Jeudi, à Namur, le Bureau Economique de la Province a présenté son incubateur Linkube. Il est ouvert à tous les étudiants qui souhaitent créer leur entreprise, pour autant qu’ils soient inscrits dans une haute école ou une université de la province de Namur et à la condition que leur dossier soit accepté par le comité de sélection. L’objectif est d’accompagner une douzaine d’étudiants entrepreneurs dès cette année.

Il ne faut toutefois pas sous-estimer les difficultés de ce double statut. D'où l'utilité des incubateurs qui accueillent ces étudiants entrepreneurs et leur donnent accès à toute une série de services qui vont leur faciliter la vie et les aider à construire leur projet d'entreprise.

Le statut d'étudiant entrepreneur: 3 crédits d'heures

Complémentairement, ils bénéficient de certains aménagements dans leurs études, comme l’explique Coralie Dufloucq, responsable du projet Linkube au Bureau Economique de la Province de Namur : " Les étudiants ont la possibilité de solliciter un statut d’étudiant entrepreneur académique pour faire reconnaître leur recherche de devenir entrepreneur. La formation collective que nous proposons au sein du BEP et au sein de Linkube pourrait être reconnue comme trois crédits d’heures. Pareil avec ce statut d’étudiant entrepreneur académique. Les étudiants pourraient valoriser un mémoire qu’ils feraient sur leur entreprise. Des ponts se font réellement entre l’enseignement et le monde de l’entreprise. "

S’il est aujourd’hui difficile de mesurer l’impact de cette dynamique entrepreneuriale dans les universités et hautes écoles, cette impact est réel, explique Bruno Wattenbergh. "On commence, depuis quelques mois, à voir les premières entreprises qui ont été créées au sein de ces incubateurs qui ont démarré et qui sont en train de se frotter au marché comme Benjago et Kazidomi, deux entreprises qui sont sorties du Start Lab de Solvay. "

Apprendre à se connaître

Bien sûr, tous les étudiants entrepreneurs ne réussiront pas du premier coup à lancer leur entreprise. Et s’ils y parviennent, il n’est pas sûr qu'ils connaîtront un immense succès. Mais ils auront énormément appris sur la création et le développement d’une entreprise et surtout, ils auront beaucoup appris sur eux-mêmes.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK