Le constructeur du F-35 en visite: l'industrie aéronautique belge joue son va-tout

Deux F-35 et deux F-18 à Washington, le 04/07
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Deux F-35 et deux F-18 à Washington, le 04/07 - © MANDEL NGAN - AFP

Le constructeur du F-35, Lockheed Martin est en visite chez nous. Une visite de quelques jours à la rencontre des industriels de l’aéronautique belge et, notamment, ce vendredi, dans les hangars de production de la Sonaca à Gosselies. Un déplacement pour tenter de rassurer et peut-être conclure un protocole d’accord pour une production de pièces de leurs avions de chasse en Belgique.

Une lettre co-signée de l’industrie aéronautique

Dans un courrier envoyé mi-juillet, que nous avons pu consulter, les trois grandes entreprises de l’aéronautique que sont Asco, Sabca et Sonaca ont rédigé une lettre adressée à Lockheed Martin. Un courrier dans lequel, de manière conjointe, ces trois entreprises se disent prêtes à travailler ensemble, chacune dans son domaine de prédilection. Une lettre co-signée pour faire avancer le projet et se rapprocher le plus rapidement d’une signature de contrat.

Par cette missive conjointe, les entreprises jouent en quelque sorte leur va-tout. Ils signifient surtout que les mois d’attente commencent à se faire long depuis la signature du contrat F-35 avec l’Etat belge et que l’industrie s’impatiente de se mettre au travail.

Mais pour ce faire, ces productions confiées aux entreprises belges doivent encore être scellées dans un "business case", un contrat béton qui déterminerait noir sur blanc les termes et les conditions de productions.

Les coulisses de la venue de Lockheed Martin

Cette lettre est en fait une réponse à trois courriers de Lockheed Martin envoyés séparément aux trois sociétés. Il faisait état de l’avancement des discussions et relatant des difficultés pour le constructeur américain de parvenir à une vision claire du secteur. Depuis l’annonce du gouvernement fédéral du choix du F-35 comme les chasseurs qui remplaceront les F-16, onze mois se sont écoulés.

Malgré les appuis du SPF Economie et de l’Etat major de la Défense, le contrat avec l’industrie aéronautique n’est pas encore conclu. Les craintes sont énormes de voir un marché de 15 milliards d’euros sur 40 ans échapper à l’industrie belge, du moins en partie.

Une source proche du dossier nous indique que "le contrat est en vue, mais, tant que rien n’est signé, il n’y a rien. Seulement des promesses. Lockheed Martin a promis des choses partout là où ils ont vendu des F-35". Le secteur de l’aéronautique attend aussi le soutien du gouvernement fédéral, mais ce gouvernement est minoritaire et en affaires courantes... C'est ce que l'on appelle un mauvais timing.

L’industrie veut toutefois démontrer la bonne entente au sein du secteur reconnu internationalement pour son savoir-faire. La visite de ce vendredi et la table ronde de lundi pourrait donc quelque peu faire bouger les lignes.

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