Le choc économique du Covid-19 "exacerbe des fragilités déjà existantes" en Belgique

Le choc économique causé par le Covid-19 révèle de manière très forte les fragilités économiques de notre tissu d’entreprises. Et le nombre de faillites pourrait bien exploser cette année. La prévision nous vient d’Euler Hermes, leader mondial de l'assurance-crédit: + 8% de faillites d’entreprises pour 2020 en Belgique. Cette envolée possible des faillites est due, bien sûr, à la paralysie économique causée par le Covid-19.

Mais il ne faut pas s'y tromper, les fragilités antérieures au choc étaient déjà nombreuses en Belgique, pour Maxime Lemerle, responsable des études sectorielles chez Euler Hermes: "Pour ce qui est de la Belgique en tout cas, nous avions déjà avant la crise des secteurs qui étaient plus fragiles, au niveau de la construction, au niveau de la métallurgie ou du commerce de détail en général. La crise Covid-19, en exacerbant les fragilités d’un certain nombre de secteurs, augmente cette liste, avec les secteurs comme l’automobile, les transports ou le textile, ainsi que l’électronique."

L'agro-alimentaire en difficulté

Une liste des secteurs à risques aujourd’hui longue comme le bras. Dans certains secteurs, c’est évident, le secteur culturel, les restaurants et cafés, le tourisme, ou le transport. Mais il y aussi des secteurs très exposés à des faillites en nombre…qui peuvent surprendre. C’est le cas de l’agro-alimentaire, par exemple.

Ce qui change pour le secteur, c’est que les frontières avec nos voisins directs sont fermées ou presque. Et que les possibilités d’exporter en France, aux Pays-Bas, sont limitées. En plus le secteur est aussi composé d’une multitude de petites entreprises. Qui sont moins costaudes financièrement, et donc plus fragiles à un manque d’activité sur une longue période.

Effet domino 

Sans les mesures gouvernementales récentes, l’augmentation estimée du nombre de faillites par Euler Hermès ne serait pas de 8…mais de presque 12%. Cela étant dit, pour Maxime Lemerle, les petites entreprises ne sont pas forcément la priorité des dirigeants belges et européens aujourd’hui: "Une grande partie ou l’essentiel de l’effort de leurs interrogations porte sur le soutien aux grandes entreprises. Ces mesures destinées à soutenir les grandes entreprises ont l’objectif double de limiter l’effet domino, l’effet défaillance en chaîne des grandes entreprises vers les petites entreprises du fait des interconnexions entre les entreprises, et de limiter l’ampleur de l’impact sur l’emploi."

Pour éviter donc un effet en cascade, que la faillite d’une grande entraîne dans sa chute cinq ou six petits partenaires ou sous-traitants. Notons que le secteur pharmaceutique, et les services informatiques, sont deux secteurs épargnés, moins touchés que les autres en ce moment.

 

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