Jean-Marc Nollet (Ecolo) accuse Engie de manipulation du cours boursier

Le chef de groupe Ecolo-Groen Jean-Marc Nollet accuse l'énergéticien Engie de "manipuler" ses comptes et sa valeur boursière en "survalorisant" le parc nucléaire en Belgique pour "dissimuler le désastre financier" du secteur. Il demande une rectification de certaines informations avant l'assemblée générale du 3 mai. Cela, au plus vite, étant donné l'influence qu'elles peuvent avoir en bourse.

Engie a présenté jeudi ses comptes 2015 qui présentent une perte de 4,6 milliards d'euros due à des dépréciations comptables.

Le rapport financier 2015 accompagnant les comptes fait écho à une hypothèse de prolongation de l'exploitation de la moitié du parc de seconde génération (Doel 3, Doel 4, Tihange 2 et Tihange 3) sur une période de vingt ans, or le parlement n'a pas prévu ce scénario dans la loi adaptant la sortie du nucléaire votée en 2015. "Cette hypothèse permet de gonfler artificiellement de 2 milliards d'euros la valeur du parc", estime le député écologiste.

Renouvelable

Engie a par ailleurs annoncé jeudi un plan de transformation sur 3 ans faisant du renouvelable une priorité. Et l'énergéticien français envisage de céder sa minorité de blocage dans Electrabel.

Jean-Marc Nollet estime que l'entreprise s'apprête à créer une "bad bank" alors que le nucléaire "court au désastre financier", raison pour laquelle, selon lui, il s'agit de valoriser les acquis. "Il n'est pas acceptable de tromper d'éventuels repreneurs sur la valeur réelle de ce qu'est le nucléaire aujourd'hui en Belgique", indique le député. Selon lui, l'hypothèse retenue par Engie dans son rapport financier est "contraire à la loi de sortie du nucléaire et aux standards de la comptabilité internationale".

Si cette analyse est corroborée par un professeur d'économie, elle ne l'est pas par d'autres spécialistes et a déjà été rejetée par Engie-Electrabel elle-même. Du côté de l'énergéticien, on maintient d'ailleurs que l'hypothèse retenue dans le rapport financier relève de la planification comptable. L'ensemble des grands groupes financiers tentent dans leur politique de "sentir les marchés".

Solaire... mais pas en Belgique?

L'hypothèse retenue dans le rapport financier repose notamment sur le fait que la Belgique ne s'est toujours pas dotée à ce stade d'une véritable politique industrielle en faveur des énergies de substitution. Cette hypothèse n'enlève toutefois rien au devoir des industriels de se conformer à la loi.

Jean-Marc Nollet s'est également étonné de constater dans les documents présentés jeudi qu'Engie ambitionnait d'investir dans le solaire un peu partout dans le monde, le nucléaire étant réservé à la Belgique, "réceptacle de la bad bank".

Ces derniers mois, le groupe Engie met régulièrement en valeur les investissements verts consentis en Belgique. Il a également annoncé d'autres investissements: doubler l'onshore, investir en mer du Nord, dans la biomasse en Wallonie, dans l'efficacité énergétique, l'innovation avec l'ambition de faire de la Belgique une "vitrine mondiale" de tous ces secteurs, au profit de ses quelque 20 000 travailleurs.

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