Le carnet d'épargne cher au Belge coûte au lieu de rapporter

Le carnet d'épargne coûte au lieu de rapporter
Le carnet d'épargne coûte au lieu de rapporter - © Jonas Hamers (imageglobe)

Les taux d'intérêts sont en baisse sur les comptes d'épargne: BNP Paribas Fortis a donné le ton lundi en abaissant en dessous de 1% le taux d'un de ses carnets d'épargne. Les autres banques devraient suivre. Mauvaise affaire pour les épargnants. Bruno Colmant, ancien directeur de la Bourse de Bruxelles et membre du cabinet Roland Berger a répondu à vos questions lors de notre chat à 11h30.

Le calcul est vite fait : si vous additionnez le taux de base de 0,75%, le plus bas actuellement, et la prime de fidélité de 1%, vous arrivez à taux global de 1,75 %.

Or l'inflation, donc la hausse des prix, est annoncée à 2,6 % cette année par la Banque Nationale.

En choisissant un carnet d'épargne, votre capital est garanti, mais il est érodé par l'inflation.

Clairement dit, vous perdez de l'argent, votre pouvoir d'achat diminue.

Pourquoi les taux sont-ils si bas ?

C'est le taux de base de la Banque centrale qui donne le la et il est au plancher, à 1%.

Même si c'est un peu plus complexe, les banques ne peuvent pas, en principe, se permettre de proposer un taux d'intérêt nettement supérieur.

En principe. Parce que les conditions varient tout de même assez sensiblement.

D'une institution financière à l'autre, le taux de base peut passer du simple au double de 0,75% à 1,5%.

Et la prime aussi varie.

Moralité, prenez votre petit cabas et faites votre marché mais n'attendez pas de miracles.

Ce n'est pas avec un carnet d'épargne que l'on fait fortune!

Faut-il encore placer son argent sur un compte épargne ?

A la question de savoir s'il faut encore placer son argent sur un compte épargne, Bruno Colmant en ses qualités d'économiste a répondu ceci lors de notre chat: "Oui, car l'argent sur un compte d'épargne est totalement liquide, c'est donc une épargne de précaution". Outre sa "sécurité financière", il permet de bénéficier de "services annexes fournis par les banques (carte bancaire et accès au système électronique des banques)". En d'autres termes, cela reste utile pour garder du "liquide" à portée de main mais il plaide, dans les limites du possible, pour "une diversification de placements".
 

Pour ceux qui ont de l'argent à placer, il faut savoir si cette somme peut être bloquée à plus ou moins long terme : "si l'horizon est long on peut investir en placements plus risqués ou en obligations mais qui doivent alors être conservés en portefeuille plus longtemps", explique Bruno Colmant. Et de conseiller, par exemple, "des obligations d'Etat mais aussi un portefeuille boursier bien diversifié".

"Un épargnant belge qui a besoin d'une épargne en euro doit absolument investir en euro. Une durée de 5 ans semble acceptable car j'anticipe une hausse des taux d'intérêt", ajoute-t-il.
 

Des taux d'intérêt plus élevés en France, pourquoi ?

Sur Twitter, Michel Henrion faisait remarquer que "BNP-Paribas France est à 2,25% (livret A) contre désormais 1,30% pour BNP en Belgique".

"Ceci reflète une situation particulière à la Belgique qui est caractérisée par un taux d'épargne très important. En termes relatifs, l'épargne est donc moins rémunérée que dans d'autres pays. Mais il y a autre chose. La Belgique est un pays très solide financièrement et donc le risque de crédit sur les banques belges est moindre que dans d'autres pays. Cela explique des taux d'intérêt moins élevés", explique Bruno Colmant.

Quant à savoir s'il faut dès lors placer son épargne en France, il répond par la négative, "car il y a des limites à l'ouverture des comptes à des non-résidents et puis c'est plus compliqué du point de vue administratif".

L'économiste rappelle également que "le taux d'intérêt n'est pas fixé par l'Etat mais par les autorités monétaires qui ont décidé de baisser les taux d'intérêt".

Et de conclure : "La BCE a décidé d'injecter beaucoup d'argent dans l'économie pour aider le financement des Etats et des banques. C'était indispensable car il existait un risque d'inaccessibilité aux crédits. Cette création monétaire créé bien sûr de l'inflation mais en même temps elle conduit à abaisser les taux d'intérêt. Temporairement, les carnets d'épargne rapportent moins que l'inflation mais c'est une situation qui devrait se résoudre dans les prochains trimestres".

 

Michel Visart et C. Biourge

Relisez notre chat ci-dessous:

Posez vos questions dès 11h30

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK