Le carburant pèse-t-il plus lourd qu'avant dans le budget des Belges?

Quelle est la part du carburant dans le ménage des Belges?
Quelle est la part du carburant dans le ménage des Belges? - © Archive RTBF

Le prix du carburant à la pompe est une vraie préoccupation pour les automobilistes. L'essence et le diesel n'ont jamais été aussi chers. La barre des deux euros au litre a déjà été franchie dans quelques stations italiennes. Le plein sera-t-il demain hors de prix? Quelle est la part du carburant dans le budget d'un ménage moyen?

Voici quelques comparaisons dans le temps avec d'autres produits de consommation courante. Prenons pour année de référence 1973, quelques mois avant le premier choc pétrolier et un emballement des prix de l'énergie. A l'époque, la monnaie était évidemment encore le franc belge, le prix maximum de l'essence était équivalent à 0,25 euros, et on payait la même somme pour une bière au fût dans un bistrot. Un quotidien coûtait alors 0,13 euro.

Où en sommes-nous aujourd'hui ? Quasiment aux mêmes proportions : l'essence et la bière valent plus d'1,60 euro. Le quotidien belge, version papier, reste toujours meilleur marché: à 1,20 euro, du moins les jours de semaine.

Alors, d'où vient cette impression que le carburant est tellement plus cher aujourd'hui? La hausse du prix de l'essence s'est accélérée depuis la crise née en 2008. Une hausse par conséquent plus spectaculaire que l'augmentation régulière de la bière et du journal depuis quarante ans, et dont on trace difficilement les limites.

Moteurs moins gourmands

Quelle est la part du carburant dans le budget d'un ménage classique ? Soit une famille qui ne bénéficie pas des avantages liés à une voiture de société, par exemple.

Cette part varie peu d'une année à l'autre. Le Belge consacre 3,2% de votre budget au carburant. Il s'agit évidemment d'une moyenne, c'était la même il y a quatre ans. Elle était même supérieure en 1979, après le deuxième choc pétrolier : 4% du budget étaient alors consacrés au carburant. Ce qui a permis d'amortir le choix des hausses : des moteurs deux fois moins gourmands d'une part, l'indexation des salaires d'autre part.

Et Francis Bossier, économiste au Bureau du plan, détaille : "Quand vous regardez sur une période plus longue, sur 40 ans, l'indice des prix à la consommation, s'est accru d'un peu moins de de 4% par an, alors que le prix du carburant, lui, s'est accru d'un peu moins de 5%". C’est donc une progression quasiment parallèle sur une longue durée.

Taxes et accises

A l'heure actuelle, et cela peut paraître paradoxal, le montant élevé des accises et des taxes, aide à adoucir les effets de la hausse de la matière première, qui, dans le prix final à la pompe, représente une plus faible partie. Francis Bossier précise cette analyse : "Sur une longue période, on voit que la taxation n'a été multipliée que par 4. Et, ces dernières années, la part importante de la taxation dans le prix final du carburant a finalement permis d'amortir quelque peu le choc des augmentations sur les marchés internationaux".

La proportion du carburant dans un budget est aussi liée à des choix personnels : celui, si possible, d'utiliser moins la voiture. Et en réfléchissant au mode de transport adéquat selon les nécessités du moment.

A. Stas et D. Delhalle

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