Le burn-out, ou le travail vécu comme une souffrance

Un Belge sur 10 a connu une période d'indisponibilité à cause d'une forme de souffrance jugée insoutenable. Sur une année, cela représente plus de 9 millions de jours d'absence. Bien sûr, il y a le seuil de tolérance de l'un ou de l'autre, plus ou moins élevé, mais souvent c'est l'environnement de travail qu'il faudrait remettre en question.

Antoine, 44 ans, est un de ces nombreux Belges abimés par leur boulot. Il a travaillé dans l'associatif pendant plusieurs années. Il y a deux ans, il a pris conscience que le mal-être qu'il ressentait depuis un moment  n'était pas normal. Mais la prise de conscience a été longue, dit-il, "parce qu'on a toujours l'impression que c'est autre chose. Si on demande à un travailleur de nettoyer la cour avec une brosse à dent, ça c'est une consigne qui  n'a aucun sens. Mais ça n'arrive jamais ou presque. Ce sont des choses beaucoup plus profondes. Deux mois avant que je ne dépose plainte (je me souviendrai toujours de ça) j'avais fait une note extrêmement complète sur un problème qui allait arriver. Et puis il y a une réunion et il y a quelqu'un qui me glisse à l'oreille : faudrait quand même faire une note sur ce sujet. Vous vous dites : 'à quoi je sers ?'".

Une fois que cette souffrance a pris un nom, il a alors fallu réagir et trouver des soutiens. Mais, comme le disent les spécialistes de la question, la souffrance au travail est une pathologie de la solitude. Antoine se souvient : "J'ai des gens après qui m'ont dit : 'je voudrais faire quelque chose pour toi'. Mais ça je l'ai une fois eu en toutes lettres : 'je voudrais faire quelque chose pour toi, mais j'ai une femme et deux enfants'. C'est comme ça ! Tout le monde a peur, en réalité".

Il a donc fallu du courage à Antoine pour affronter une hiérarchie qui refusait de se remettre en question. Les conséquences professionnelles ont  été lourdes, mais Antoine ne regrette absolument rien : "Quand vous réagissez, tout le monde va vous dire : 'ah, tu es malade'...  Or, tout le monde devrait vous dire : 'ah, tu es en train de guérir', parce qu'en réalité, vous étiez malade avant. C'est avant que vous aviez mal. Il y a des hauts et de bas, mais je vous jure que, ce jour-là, vous vous sentez mieux. Votre sommeil revient, vous avez retrouvé un goût à la vie auquel vous n'imaginiez même pas".

 

M. Van Winckel

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