Le Brésilien Roberto Azevedo retenu comme directeur de l'OMC

Roberto Azevedo sera le nouveau patron de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Une consécration pour son pays, une des principales économies montantes dans le monde, mais il aura une rude mission, celle de relancer des négociations commerciales au point mort entre Nord et Sud.

 

Sa nomination formelle interviendra la semaine prochaine lors d'une réunion du conseil plénier des 159 Etats-membres. Le choix de Roberto Azevedo pour remplacer le Français Pascal Lamy avait été annoncé mardi de sources diplomatiques.

"Il était en tête à toutes les étapes (de la sélection)", a déclaré à l'AFP Shahid Bashir. Au troisième et dernier tour de la sélection, Roberto Azevedo, 55 ans, représentant du Brésil à l'OMC depuis 2008, était en compétition avec un poids lourd du commerce international, le Mexicain Herminio Blanco, 62 ans, qui avait été notamment le négociateur en chef du Mexique pour l'accord historique de libre échange nord-américain (Alena), signé en 1994.

Cela fait plus de quatre mois qu'a commencé le processus de sélection du nouveau directeur général qui doit prendre, le 1er septembre pour un mandat de quatre ans, la succession de Pascal Lamy, 65 ans, au terme de son second mandat. Neuf candidats se sont présentés, la troïka consultant les Etats-membres pour éliminer progressivement ceux qui recueillaient le moins d'adhésions.

 

"En présentant sa candidature, le Brésil estimait que par son expérience et son implication, (Roberto) Azevedo pourrait conduire l'organisation vers un ordre économique mondial plus dynamique et plus juste. Ce message a été entendu (...)", a aussitôt réagi la présidente brésilienne Dilma Rousseff.

Cette désignation est "un résultat très important qui vient révéler un ordre mondial en transformation dans lequel les pays émergents démontrent leur capacité de direction", a, quant à lui, commenté le chef de la diplomatie brésilienne Antonio Patriota.

Roberto Azevedo a prévu de tenir une conférence de presse mercredi après-midi à Genève.

Un duel sud-américain

Une troïka dirigée par l'ambassadeur pakistanais Shahid Bashir, avec les représentants du Canada et de la Suède, était chargée de consulter les 159 Etats membres pour connaitre leurs préférences parmi les neufs spécialistes du commerce international qui avaient fait acte de candidature. La sélection s'est opérée en trois étapes par éliminations successives, la troïka ayant pour mission de faire apparaitre un consensus sur un candidat.

Le Mexicain Herminio Blanco avait tout du poids lourd dans son domaine : âgé de 62 ans, le candidat présenté par le gouvernement du président mexicain Enrique Peña Nieto a notamment à son actif d'avoir mené à bien, en tant que négociateur en chef du Mexique, l'accord de libre-échange nord-américain (Alena), un accord historique signé en 1994 avec les Etats-Unis et le Canada.

Mais le candidat brésilien, Roberto Azevedo, 55 ans, se prévalait de son passé de diplomate chevronné en tant que représentant permanent du Brésil depuis 2008 auprès de l'OMC où il s'est forgé une réputation de négociateur et de "bâtisseur de consensus".

Selon les diplomates, les pays de l'Union européenne, qui représentent un bloc de 28 voix (UE+Croatie), étaient au départ divisés. Les pays du Sud, comme l'Espagne, le Portugal et l'Italie, se seraient prononcés pour le Brésilien, alors qu'un autre groupe emmené par le Royaume-Uni était favorable au Mexicain.

"Ne vous y trompez pas, les compétences comptent, mais le choix est idéologique", a commenté auprès de l'AFP un ambassadeur ayant requis d'anonymat.

Les bonnes relations du Brésil avec les principaux pays émergents,la Chine et l'Inde, ont manifestement été prises en compte, alors que le candidat mexicain était davantage perçu comme un défenseur du libéralisme.

Depuis la création de l'OMC le 1er janvier 1995, un Irlandais, un Italien, un Néo-Zélandais, un Thaïlandais et un Français ont successivement occupé le fauteuil de directeur général. Les pays du sud estimaient que leur heure était venue et neuf candidats se sont présentés. La sélection ne s'est pas faite sans quelques grincements de dents, certains diplomates à Genève faisant valoir que le choix final entre deux représentants du même continent montrait que peu de cas avait été fait des représentants des autres continents, comme l'Asie et l'Afrique.

Devant les enjeux, Roberto Azevedo, dans une récente interview, avait souligné combien "le système commercial multilatéral est affaibli par une complète paralysie des négociations".

"Il s'agit de rendre le système compatible avec le monde d'aujourd'hui, la seule façon d'y arriver est d'encourager le commerce et la libéralisation des échanges en tant que composants essentiels des politiques de développement", avait-il ajouté.

AFP avec Belga

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