Le Bitcoin : "Ça peut monter comme les arbres montent au ciel, mais ça peut surtout tomber à zéro"

La récente chute spectaculaire du Bitcoin a remis un focus sur la question des cryptomonnaies. La Bitcoin a en effet perdu près de 30% de sa valeur en un jour.

Mais il n’y a pas que cela : les cybermonnaies, comme on les appelle aussi, font l’objet depuis quelques années de sérieuses critiques à propos de leur coût environnemental.

Les cryptomonnaies, valeurs refuge, ou monnaies folles ? Le Bitcoin, une catastrophe écologique ? Pour en parler sur le plateau de CQFD : Marc TOLÉDO, cofondateur de Bit4You, plateforme belge d’échange de cryptomonnaies ; et Etienne DE CALLATAY, chef économiste d’Orcadia Asset Management.
 

 

Qu’est-ce que le Bitcoin ? Et est-ce que c’est une véritable monnaie d’échange ? Marc Tolédo rappelle que la création du Bitcoin répondait au crash financier de 2008, et il s’agit, précise-t-il, plus que d’une sorte de monnaie, d’un "instrument d’échange et de stockage de valeur, indépendamment des banques". "D’ailleurs, il y a des multiples formes de technologies cryptologiques qui peuvent servir à plusieurs choses", ajoute-t-il. Et pour l’anecdote, Marc Tolédo raconte le premier échange qui a eu lieu avec le Bitcoin, en faisant une monnaie dans la "vraie vie": un achat de pizza.

 

Deux pizzas qui auraient donc rapporté 40 000 euros avec la valeur actuelle du Bitcoin…

Mais ce système de peer-to-peer, c’est-à-dire de transaction entre deux parties sans intermédiaires, est-il nécessaire aujourd’hui pour rétablir une certaine confiance dans les transactions ? Est-il nécessaire d’avoir une monnaie indépendante des Etats et des Banques centrales ? Absolument pas : "Nous appauvririons le pouvoir des institutions publiques", réagit Etienne de Callatay. Sa critique est dure : "Ça correspond à une vision puérile de certains libertariens".

Le Bitcoin, une valeur refuge ?

Si les cryptomonnaies sont devenues très tendance, c’est aussi parce qu’elles font miroiter de gros gains. Alors le bitcoin ? Une valeur refuge ? Les grandes variations de valeur en peu de temps font douter.

Après avoir temporairement perdu jusqu’à 30%, suivant un rappel à l’ordre en Chine contre les cryptomonnaies, le bitcoin limitait ses pertes mercredi grâce à un message jugé rassurant d’Elon Musk. A la baisse ou à la hausse, le Bitcoin semble peu stable. Les cryptomonnaies "ne sont pas de vraies devises", avaient en estimé cette semaine plusieurs fédérations bancaires chinoises de référence, mettant en garde contre la "spéculation". Les régulateurs européens et américains ont également appelé les investisseurs à la prudence.

Le marché du Bitcoin est-il plutôt une sorte de casino ? Oui, pour Etienne de Callatay, "la plupart des gens qui achètent du bitcoin espèrent en tirer profit", répond Marc Tolédo.

Le Bitcoin, une aberration environnementale ?

Dans les transactions virtuelles des cryptomonnaies, les banques sont remplacées par la Blockchain, le réseau de blocs de transactions. Et pour que cela fonctionne, il faut que des dizaines de milliers d’ordinateurs puissent absorber et authentifier toutes les transactions effectuées. C’est le rôle des mineurs, les propriétaires de ces ordinateurs ultra-performants, qui contribuent aussi à la création de ces blocs. Ils sont rétribués en bitcoin pour la gestion du système. Mais tout cela nécessite une énergie colossale, en constante augmentation depuis des années. Cette consommation d’énergie équivaut 0,5% de la production d’électricité mondiale, et à la consommation électrique de la Belgique pendant un an. Les sources d’énergie les moins chères sont donc souvent utilisées, comme en Chine, où les énergies sont produites avec du charbon.

Marc Tolédo en convient, mais estime que la production de Bitcoin s’améliore constamment de ce point de vue : "38% de l’énergie utilisée pour la production de bitcoin est de l’énergie verte aujourd’hui" car c’est la moins chère, et le coût est important pour les mineurs.

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