Le Belge rénove moins, le secteur du bricolage souffre

Le secteur du bricolage est en baisse
Le secteur du bricolage est en baisse - © Archive BELGA/HERWIG VERGULT

Le secteur du bricolage a connu un début d'année 2013 très difficile, et apparemment, la principale raison, ce serait une météo particulièrement médiocre cette année.

On peut facilement le comprendre: pour le jardinage, les ventes ont beaucoup souffert du froid au printemps. Mais c'est également le cas pour le bricolage en général. Le Belge sort sa foreuse et ses pinceaux plutôt quand il fait beau. Résultat : une baisse du chiffre d'affaires de 7% entre mars 2012 et mars 2013.

Mais, depuis mai-juin, la situation semble s'être normalisée avec la météo. Le contexte de crise économique a moins contribué en Belgique à ce recul de début d'année que dans les pays voisins. En France par exemple, le pouvoir d'achat a baissé sensiblement et les dépenses de bricolage aussi. Il en va de même en Allemagne, où la chaîne de bricolage Praktiker a déjà fermé 50 magasins et pourrait fermer les 120 autres. 6600 emplois seraient condamnés.

Comportement modifié

En Belgique, c'est un peu différent. L'administrateur délégué de Comeos, la fédération patronale de la distribution, Dominique Michel indique que "le pouvoir d’achat a beaucoup moins diminué en Belgique que dans les autres pays parce que la situation économique est moins mauvaise chez nous qu’ailleurs, quoi qu’on en dise. Et l’indexation des salaires maintient une bonne partie du pouvoir d’achat. On est dans un pays où le pouvoir d’achat est grosso modo maintenu, donc cela a beaucoup moins d’impact sur les commerçants. Mais les gens ont quand même modifié leur comportement en matière d’achat. Dans le domaine du bricolage par exemple, alors qu’il y a deux ou trois ans il y avait une tendance à faire des gros travaux du style rénovation de salle de bain, aujourd’hui on fera des travaux de plus petite ampleur comme retapisser la salle à manger".

Plus de petits achats, moins de gros chantiers. Confirmation sur le terrain, avec ce plombier qui vous explique que, depuis deux ou trois ans, il a énormément de réparations mais quasi plus de de grands projets. Ou ce commerçant qui vend des tissus d'aménagement intérieur à des prix vraiment très, très compétitifs qui vous dit que son chiffre d'affaires a baissé de 40% en un an. Beaucoup de Belges se concentrent sur l'essentiel ou sur l'urgent.

Concentration

Cela a un impact sur la structure du secteur du bricolage en Belgique, constate  Comeos. Depuis quelques années, on assiste à un important mouvement de concentration. Beaucoup de petits magasins ont disparu au profit des grandes chaînes style Brico ou Hubo.

Cela ne signifie pas pour autant que l'avenir soit idyllique pour les grandes chaînes de bricolage. En matière de commerce électronique, elles ne sont à peu près nulle part et elles doivent en même temps faire face à une concurrence très rude de la part d'enseignes établies juste derrière la frontière, en Allemagne ou en France. Car c'est un fait, les chaînes de bricolage en Belgique pratiquent des prix plus élevés sans nécessairement apporter un meilleur service.

A.L. avec M. Gassée