Le Belge épargne peu pour sa pension: inquiétant pour l'avenir?

À l'avenir, le Belge ne pourra peut-être plus compter autant sur les pensions publiques.
À l'avenir, le Belge ne pourra peut-être plus compter autant sur les pensions publiques. - © SISKA GREMMELPREZ - BELGA

Les Belges épargnent individuellement très peu pour leur pension : en moyenne, de quoi vivre pendant 6 mois. C’est beaucoup moins que dans d’autres pays du monde, ressort-il d'une enquête menée par Legg Mason, entreprise de gestion d'actifs. Vu le défi du vieillissement de la population et l'arrivée prochaine de la réforme des pensions, cela pourrait poser problème à long terme.

La Belgique occupe le fond de ce classement, mais il est important de nuancer ce constat : la pension publique – celle que l’État nous verse – est plus élevée chez nous que, par exemple, dans les pays anglo-saxons où la pension de l’État n'est bien souvent qu'un filet de sécurité.

Ce que l’on appelle le premier pilier est faible dans ces pays. Les gens s'organisent donc en conséquence en épargnant toute leur vie, pour leur propre retraite, via les épargnes pension. Une pratique qui peut même être obligatoire dans certains pays.

Brique et carnets d'épargne

Il est donc assez logique qu’ils aient plus de réserves personnelles. Ainsi, en Australie, les travailleurs ont des réserves pour plus de 2 ans. À Singapour, le montant moyen est similaire, tandis qu'aux États-Unis on approche des 1 an et 10 mois de réserves.

Il faut également noter qu'en Belgique, si l'on épargne peu pour la pension, les carnets d’épargne sont souvent plus garnis qu'ailleurs et les Belges investissent également dans la brique. Un Belge qui arrive à la pension est souvent propriétaire.

Le patrimoine des Belges doit donc être observé dans son ensemble, car nous avons bien souvent d’autres ressources. Mais, évidemment, cela dépend quand même du niveau de vie : tout le monde n’arrive pas avec ces ressources à la retraite.

De l'épargne courte vers l'épargne longue

Mais pourra-t-on toujours compter autant sur les pensions publiques ? Le gouvernement prépare une importante réforme du système des retraites, la population vieillit et il faudra travailler plus longtemps. Pour Éric Simonnet, directeur du développement commercial Benelux chez Legg Mason, il est clair qu'il faut anticiper l'arrivée de cette réforme dès maintenant.

"Les Belges ne s’en préoccupent pas assez et ils ne se posent pas assez la question de savoir quel est le montant dont ils vont avoir besoin le jour où ils cesseront leur activité pour conserver un niveau de vie agréable, commente-t-il. Et de ce point de vue-là, c’est inquiétant, parce que l'on voit que le montant attendu est de plus en plus réduit au fur et à mesure."

Pas de catastrophisme pour autant. Mais il va falloir être plus prévoyant à l’avenir ; le contexte nous obligera à le faire. Il ne s'agira pas forcément de mettre davantage d’argent de côté, mais peut-être simplement de constituer une épargne pension avec l'argent de son carnet d’épargne. Autrement dit, il va peut-être falloir transformer son épargne courte en épargne longue. Et cela, ce serait un fameux changement de mentalité pour les Belges.

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