Le salarié belge gagne en moyenne 3445 euros, un chiffre qui cache une réalité plus complexe

Combien gagne le "Belge moyen" — c’est-à-dire le Belge ayant un contrat temps-plein selon le SPF Economie — ? Une réalité qui concerne de moins en moins de travailleurs, mais qui a le mérite de donner un aperçu de niveau des salaires dans notre pays. Une analyse qui se base sur le salaire brut, car le salaire net dépend de nombreux paramètres qui sont indépendants de la profession, rendant impossible une comparaison statistique du niveau de salaire selon le métier, ou le secteur où travaille le salarié.

Généralement, la moyenne du salaire mensuel brut est utilisée comme principal marqueur : pour l’année 2015, elle s’élève à 3.445 euros. Mais de nombreux autres indicateurs peuvent être analysés afin d’avoir une image plus précise de la situation. Ainsi, on remarque qu'une majorité des Belges ne touchent en fait même pas cette moyenne.

La distribution des salaires peut donner un aperçu beaucoup plus précis de ce que gagne l’ensemble de la population belge sous contrat temps-plein. Prenons la répartition en classes salariales par tranche de 250 euros, exprimée en pourcentage de l’ensemble des salariés.

Si vous avez des problèmes de visualisation, vous pouvez retrouver le graphique ici.

Un graphique qui montre que cette moyenne n'est pas tout à fait représentative de ce que gagne l'ensemble de la population en temps-plein :

  • En considérant la forme globale de la distribution, on voit que le pic principal est légèrement décalé vers la gauche, et que la moyenne se situe dans la courbe descendante du pic. Premier indice indiquant que la plupart des Belges gagnent moins que la moyenne statistique.
  • En regardant d'un peu plus près, on remarque qu'une majorité de la population (52,9%) gagne entre 2000 et 3250 euros : ces tranches constituent le pic principal. Cette portion de la population se trouve en-deça de la moyenne, ce qui montre que ce chiffre est un indicateur peu fiable de la situation globale.
  • 50% des salariés gagnent moins (ou plus…) de 3095 euros par mois, un chiffre que l’on appelle la médiane. Lorsque la médiane est proche de la moyenne, cela veut dire que la majorité de la population étudiée a un salaire qui tourne autour de la moyenne, et que les hauts et bas salaires sont les moins fréquents. Dans notre cas, on voit que la moyenne est sensiblement plus élevée, de près de 400 euros. Un écart qui s’explique par le pourcentage assez élevé de salariés qui gagnent plus de 6000 euros : c’est le pic tout à droite du graphe.

Si l'on retourne vingt ans en arrière, on remarque que depuis 1999, la proportion des salariés gagnant plus de 6000 euros a fortement augmenté : de 1,2%, elle est passée à 6%. Avec une croissance plus prononcée à partir de 2008, début de la crise financière.

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Les femmes toujours moins bien payées

La distinction entre homme et femme permet de mettre en avant un écart salarial encore bien présent dans notre pays.

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Le ratio femme/homme est bien plus important dans les bas salaires que dans les hauts salaires. En d’autres mots, proportionnellement, il y a plus de femmes que d’hommes qui ont un bas salaire, avec un ratio assez important en dessous de 2500 euros. Les écarts salariaux les plus importants se situent dans la tranche 2000-2250 euros, et la tranche de plus de 6000 euros, reflétant la part moins importante des femmes dans les postes à haute responsabilité.

Cet écart salarial global a été calculé à 6%, écart qui monte à 20% si l’on tient compte des temps partiels. Il y a encore du boulot…

Un fossé entre le mieux payé et le moins bien payé

En classant les rémunérations selon la profession, l’on obtient une courbe qui suit une pente assez douce… jusqu’à 5000 euros, où le salaire moyen explose littéralement. On retrouve bien le pic correspondant aux salaires de plus de 6000 euros sur le graphique de répartition.

Ainsi, la différence entre le salaire le moins bien payé et le mieux payé est de 7109 euros. Un directeur de société gagne quatre fois mieux sa vie qu’un barman, soit 170% de plus que la moyenne globale. Et… 2345 euros de plus que le métier sur la deuxième place du podium, directeurs et cadres de direction, technologies de l'information et des communications. (Survolez le graphe pour visualiser les professions)

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Dans quel secteur est-on le mieux rémunéré ?

Classées selon le secteur, on retrouve dans le top 10 des meilleures rémunérations l’industrie pétrochimique (1ère), l’industrie pharmaceutique (5ème) ou encore la programmation et autres activités informatiques (3ème).

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Du côté des secteurs les moins rémunérateurs, on retrouve sans surprise l’horeca sur la première place du podium, talonné par l’hébergement et le traitement des déchets.

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Mieux vaut habiter à Bruxelles (et alentours) et avoir un master

Concernant la situation géographique, c'est la région de Bruxelles qui offre les salaires les plus attractifs, suivie par l'arrondissement de Hal-Vilvorde et Louvain. C'est donc clairement la capitale et ses environs qui regroupent les meilleurs salaires. Inversement, les rémunérations les plus basse se trouvent plutôt dans le sud du pays, du côté des arrondissements de Dinant, Marche-en-Famenne et Bastogne, le top 3 des salaires moyens les plus bas.

Le niveau d'étude a également une grande incidence sur le salaire : le diplôme de master permet de gagner 52% de plus que la moyenne, quand le bachelier gagne 5% de plus, alors que les diplômés du secondaire (supérieur et inférieur) gagnent près de 20% de moins.

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