Le baijiu, l'alcool le plus puissant au monde, se tourne vers l'Occident

Le baijiu, l’alcool le plus puissant au monde, se tourne vers l’Occident
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Le baijiu, l’alcool le plus puissant au monde, se tourne vers l’Occident - © HECTOR RETAMAL - AFP

Il est le spiritueux le plus bu dans le monde et son fabricant numéro un est l’entreprise de boisson alcoolisée la plus valorisée au monde, à un peu plus de 230 milliards d’euros. De quoi lui surnommer le nom d’or transparent, comme son apparence. Non, ce n’est pas le gin, la vodka ou le saké mais bien le baijiu, l’alcool le plus puissant au monde.

Vous ne le connaissez certainement pas, mais en Chine, le baijiu est une institution. Cet alcool blanc dont le nom veut littéralement dire "alcool transparent" obtenu par la fermentation de sorgho (plante ressemblant au maïs) avec le même micro-organisme servant à la fermentation pour la sauce soja ou le vinaigre de riz.

Il mûrit en cave pendant des mois ou des années. Le résultat est fort, très fort : 56 degrés et plus. Mais pas de quoi refroidir les chinois qui dépensent en moyenne trois plus pour du baijiu que pour de la bière.

Valorisé à 230 milliards d’euros

La société qui domine le marché du baijiu, c’est Moutai. Malgré la concurrence, cette entreprise qui tire son de la petite ville de la province rurale de Guizhou, là ou est produit son baijiu vient récemment de devenir la première capitalisation boursière de la Chine, pesant 230 milliards d’euros. Une valeur faisant de Moutai le fabricant de boissons alcoolisées le plus puissant du monde, très loin devant AB InBev, le groupe brassicole belgo-brésilien.

Son statut, la société l’a gagné par son lien avec le maoïsme : des généraux de l’Armée rouge désinfectaient leurs plaies avec l’alcool pendant la Longue Marche (épisode fondamental de la guerre civile chinoise pour les communistes). Un toast de baijiu est aussi porté lors de la visite du président américain Richard Nixon en 1972, prémisse de la normalisation des relations entre les pays. Le secrétaire d'Etat américain, Henry Kissinger, déclare alors à l’époque : "Je pense que si nous buvons suffisamment de Moutai, nous pouvons tout résoudre."

L’attrait de l’Occident

Vous l’aurez compris, le baijiu est aux Chinois ce que le saké est aux Japonais, un fondamental de la culture. Mais on l’a dit, il est très fortement alcoolisé, trop. Du coup, les grandes marques du pays tentent des changements d’emballage et de vendre la boisson avec du thé froid pour attirer une plus jeune audience.

Et puis en Occident l’alcool blanc ne perce pas du tout. Il est vrai que la plupart des producteurs de baijiu n’ont jamais vraiment tourné leur intérêt vers l’autre côté de la planète mais avec la curiosité grandissante des chinois pour le vin, le whisky et les autres alcools occidentaux, le baijiu pourrait faire le voyage inverse.

Mais pour ça, il faudra passer quelques barrières. Son prix, d’abord, car avec son taux d’alcool élevé, le spiritueux chinois sera cher dans les pays imposant de grosses taxes sur l’alcool. Son goût ensuite. En Occident, il est de plus en plus rare de boire les alcools secs, du coup, tout l’intérêt pour les producteurs de baijiu sera de trouver le moyen d’intégrer leur spiritueux dans des cocktails pour devenir la star des happy hours occidentales.

En Belgique, l’alcool a été introduit il y a quelques années mais il est encore extrêmement rare d’en trouver sur les cartes des bars et restaurants.

En pleine période de tensions économiques avec les USA, le baijiu pourrait apporter à la Chine un soutien de poids s’il parvient à faire son trou sur les marchés occidentaux.

Distillerie de baijiu, dans la province du Sichuan (images du 17/06/2019)

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