Le solaire et l'éolien risquent de coûter cher à l'économie

Les énergies renouvelables comme les éoliennes risquent d'être défavorables à la croissance économique
Les énergies renouvelables comme les éoliennes risquent d'être défavorables à la croissance économique - © ANTHONY DEHEZ - BELGA

La transition énergétique vers des sources d’énergies renouvelables, comme le solaire ou l’éolien, risque d’être assez globalement défavorable à la croissance économique. C'est ce qu'on peut lire mardi matin dans une étude publiée par la revue Regards économiques.

Jusqu'ici, beaucoup d’économistes avaient tendance à considérer que cette transition énergétique, qui consiste à utiliser de moins en moins d’énergies fossiles et de plus en plus de renouvelables, soutiendrait la croissance économique, notamment au travers d’investissements considérables, et donc la création d'emplois. La revue Regards économiques tempère cet optimisme. Selon elle, il faudrait utiliser de plus en plus d’énergie pour produire une quantité d’énergie donnée.

"Pour les énergies renouvelables, on a 2 difficultés : une première qui dit que ces énergies offrent un taux de rendement plus faible que le taux de rendement du non renouvelable de la meilleure qualité, et par ailleurs on est soumis a un effet de localisation. C’est-à-dire qu’au fur à mesure qu’on va étendre les capacités de production en renouvelable, on va devoir glisser vers des sites qui sont moins propices. La chute du taux de rendement énergétique qu’on peut attendre de l’exploitation du renouvelable est donc liée à cet effet de localisation. Au fur et à mesure que nous allons chercher à davantage capter le soleil ou le vent, nous allons devoir installer nos équipements productifs dans des endroits moins performants. Sans compter que s’agissant de l’éolien, le fait d’installer beaucoup d’éoliennes à un endroit peut aussi influencer la quantité de vent qui souffle à cet endroit"; explique Jean-François Fagnart, professeur d’économie aux facultés universitaires Saint-Louis.

Investir pour moins de rendements?

On remarque le même phénomène avec les énergies non renouvelables comme le gaz, le pétrole et le charbon. Le taux de rendement se détériore également. Il est beaucoup plus cher d’extraire du pétrole en eaux profondes, dans les océans, ou des sables bitumineux du Canada que dans le puits de pétrole dans le désert saoudien.

Cette situation risque de mobiliser une partie de plus en plus importante des investissements au profit de la production d’énergie et au détriment des besoins d’investissements des autres secteurs, ceux qui produisent les biens et les services qui nous sont destinés à nous, aux ménages, ou aux entreprises non énergétiques.

"Cette tension, en soi, va compliquer le processus de croissance économique jusqu’à potentiellement créer une tension irréconciliable entre les 2 mondes, ce qui pourrait signifier que la phase de transition énergétique s’accompagne d’une contraction d’activité économique", explique Jean-François Fagnart. 

Le progrès technique n'est pas infini

Il est possible effectivement que le progrès technique, dans la production d’énergies renouvelables, permette en tout cas de fluidifier la transition énergétique et de limiter l’impact inhibant sur la croissance économique. Mais le progrès technique n’est pas infini. Il y a un autre levier auquel il est important de penser et qu’il faut absolument activer, c’est réduire notre consommation d’énergie au quotidien en isolant mieux nos maisons et en privilégiant massivement les transports publics. Tout ça peut atténuer l’impact macro-économique de la transition énergétique, mais ça suppose qu’on change nos comportements.

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