La taxe sur l'acier belge pourrait être évoquée le 25 mai avec l'administration Trump

Jean-Claude Marcourt, ministre wallon de l’Économie
Jean-Claude Marcourt, ministre wallon de l’Économie - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

La taxe à l'importation que l'administration Trump envisage d'imposer sur certains aciers de plusieurs pays, dont la Belgique, pourrait être évoquée le 25 mai prochain en marge du sommet UE-OTAN à Bruxelles, a indiqué mardi le ministre wallon de l'Économie Jean-Claude Marcourt (PS). Certains produits du site NMLK de Clabecq pourraient être imposés à 52%.

Trois aciéristes américains (ArcelorMittal US, Nucor Corporation et SSAB Enterprise) avaient obtenu en avril 2016 du département du commerce des Etats-Unis l'ouverture d'une enquête sur une dizaine d'entreprises en Europe et en Asie, productrices d'aciers plat ou long au carbone, un marché de niche à haute valeur ajoutée très utilisé pour les machines-outils.

En novembre, le département au commerce US a décidé d'imposer des droits antidumping à l'importation de ces aciers. En Belgique, Industeel et NMLK sont concernés. Une marge préliminaire a été fixée à 8,98% pour les produits concernés de NMLK, et à 2,41% pour ceux d'Industeel.

Mais la marge qui sera imposée à la clôture de l'enquête - qui intervient cette semaine - pourrait s'élever à 52% pour NMLK, a prévenu le ministre Marcourt, qui répondait en commission du parlement wallon à des questions de Marie-Dominique Simonet (cdH) et Olga Zrihen (PS). "Ce serait considérable, pour les ventes du site de Clabecq en particulier", selon le ministre.

La fédération européenne de l'acier Eurofer a rencontré la direction générale au commerce de la Commission européenne, mais cette dernière se montre prudente vu les risques collatéraux qui naîtraient d'une riposte de front, a commenté Jean-Claude Marcourt. Ce dernier a demandé une vigilance particulière aux attachés de l'Agence wallon à l'exportation (AWEX) et, via les Affaires étrangères, au poste diplomatique à Washington.

Déclarations très agressives

A ses yeux, il existe plusieurs possibilités de contact direct avec l'administration US, dont le sommet UE-OTAN du 25 mai prochain à Bruxelles. En outre, "les clients américains des entreprises ont été sensibilisés au risque d'une rupture d'approvisionnement, en l'absence de fournisseur alternatif sur le marché US".

Jean-Claude Marcourt (PS) rappelle que le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, s'est déjà fait remarquer par ses déclarations très agressives, en premier lieu contre les importations chinoises, mais aussi contre les pays qui importent au moins 3% de leur production vers les USA.

"On notera que ce n'est pas le cas de la Belgique et des entreprises wallonnes, où l'on est en-deçà de 1,5% sur le produit mis en cause. On est donc bel et bien dans une démarche politique ; la réponse à donner ne peut se limiter à une réponse technique", estime le ministre wallon.

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