La taille des logements continue à diminuer en Belgique

C’est une tendance lourde dans le secteur de la construction : la taille des logements diminue, qu’il s’agisse des maisons individuelles ou des appartements. La surface habitable moyenne des appartements neufs construits en Belgique a diminué de 15% en quelques années. Pour ce qui concerne les maisons individuelles, les professionnels constatent une désaffection progressive vis-à-vis des villas 4 façades au profit des maisons avec deux façades. Certains pensent même que dans dix ans, on ne construira plus de villa 4 façades ! Quoi qu’il en soit, la surface du terrain a tendance elle aussi à baisser. « Il y a chez nos clients un vrai souci d’optimiser leur investissement dans le logement, confirme l’architecte Cécile Wolfs, parce que, clairement, les coûts de la construction ont sensiblement augmenté et concernent aussi bien les maisons individuelles que les appartements. »

La pression des prix au m²

L'explication la plus évidente à cette évolution se trouve donc dans la hausse des prix au m². Les terrains à bâtir deviennent plus rares et donc plus chers. Les coûts de la construction (matériaux, main-d’œuvre etc.) augmentent rapidement, parfois même plus vite que l’inflation. En d’autres termes, le prix de l’immobilier en général continue à progresser, ce qui signifie aussi que, pour les jeunes ménages qui souhaitent devenir propriétaires, il devient de plus en plus difficile de réunir le budget nécessaire. Et donc, beaucoup revoient leurs prétentions à la baisse sur les surfaces habitables.

Des raisons sociologiques

A côté des raisons économiques, il y a aussi des raisons sociologiques. La taille des ménages a diminué sensiblement au fil du temps. Le nombre de ménages monoparentaux s’est envolé et la population vieillit, ce qui accroît la demande pour des logements plus petits. « Les jeunes couples qui viennent au bureau ont également un autre rapport à la propriété, souligne Cécile Wolfs. Avant, on investissait dans une maison pour toute sa vie et on avait envie de léguer ce bien aux enfants. Dans cette perspective, on n’hésitait pas à travailler dur pour construire sa maison, à y mettre pas mal d’argent. Aujourd’hui, la priorité concerne davantage le confort de vie. Les plus jeunes couples veulent certes habiter 'bien', écologique, sans dépenser non plus de l’argent inutile dans l’énergie, mais il leur faut du confort intérieur et extérieur. C’est ça qui compte vraiment. Le logement devient une sorte de service. » Cette tendance se remarque notamment dans la question des terrasses. « Aujourd’hui, indique Cécile Wolfs, même quand quelqu’un veut prendre un appartement en location, il veut une terrasse. Et pas une terrasse pour mettre juste une petite table et deux chaises, non, une belle terrasse ». Une terrasse qui permette de recevoir des amis. Quant au jardin, oui, il fait partie du package mais sans doute pas aussi grand qu’avant.

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