La suppression de 8000 emplois chez Peugeot-Citroën provoque un séisme

Peugeot Citroën à Aulnay-sous-Bois
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Peugeot Citroën à Aulnay-sous-Bois - © ERIC PIERMONT (AFP)

Le constructeur automobile français, Peugeot-Citroën (PSA) a annoncé ce jeudi un plan de restructuration drastique. Il prévoit la suppression de 8000 emplois en France et la fermeture dans deux ans de l'usine d'Aulnay-sous-bois, près de Paris. C'est encore plus sévère que prévu.

"Un crime social", "un séisme", voilà comment est qualifié le plan de restructuration annoncé par le premier groupe automobile français. PSA va supprimer 8000 postes supplémentaires. Le groupe, qui représente les marques Peugeot et Citroën, avait déjà annoncé la suppression de 6 000 emplois pour 2012. 

L’entreprise affirme qu’elle n’a pas le choix

En d'autres termes, PSA se sépare de 10% de ses effectifs en France et aux 8000 personnes licenciées, il faut ajouter la perte d’activité des intérimaires et des sous-traitants de l’entreprise.

Au niveau industriel, deux sites sont touchés : l'usine d'Aulnay-sous-Bois, au nord-est de Paris, sera fermée en 2014. Elle emploie 3.400 personnes, dont 3000 en contrat à durée indéterminée. A Rennes, 1400 personnes vont perdre leur poste. Les activités seront regroupée dans l'usine de Poissy, située à l'ouest de la capitale française.

Et puis, PSA taille dans ses structures, 3600 emplois sont appelés à disparaitre.

Le constructeur automobile subit la chute des ventes de voitures en Europe, et surtout les petits modèles. Il dit ne pas avoir le choix.

"Je suis très conscient du caractère douloureux des suppressions d’emplois projetées, avant tout pour le personnel concerné, pour les familles. Nous sommes conscients de nos responsabilités au cœur du tissu industriel français. Cela nous donne des devoirs. Ces mesures, nous allons les mettre en œuvre d’une manière que nous voulons exemplaire, avec un souci profond du dialogue social. Personne ne sera laissé au bord du chemin", a déclaré Philippe Vatrin, le président du directoire de PSA Peugeot Citroën.

Le gouvernement mandate un expert

Le gouvernement a décidé de mandater un expert, d’autant que PSA avait reçu 4,8 milliards d’euros d’aides publiques ces dernières années.

"Nous craignons que les mauvaises nouvelles de Peugeot Citroën soient un choc pour la nation. Nous ne sommes pas actionnaires, contrairement à Renault, donc nous n’avons pas les informations. Je vais mandater un expert qui permettra dans un délai assez rapide d’éclairer le gouvernement. Et lorsque nous aurons notre diagnostic, d’abord, nous nous poserons la question de savoir pourquoi nous en sommes arrivés là. Je rappelle que PSA a obtenu de très nombreuses aides publiques. Les contribuables ont cassé leur tirelire pour Peugeot. Et pour quelle raison Peugeot en est là? Et puis, ensuite, nous avons le soin de préserver le plus possible les outils industriels, les usines, et surtout les hommes et les femmes qui y travaillent. Donc la nation se rassemblera autour de cet objectif. Nous pensons que la France a un avenir automobile très puissant, très fort. A nous de le rendre possible !", avait déclaré le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, juste avant l'annonce officielle de cette restructuration.

Une annonce retardée pour les présidentielles ?

Les rumeurs d’un vaste plan social couraient depuis un an. Michel Sapin, le ministre du Travail, soupçonne Nicolas Sarkozy d’avoir fait retarder l’annonce après les présidentielles.

C'est le premier très gros coup dur social pour le gouvernement de Jean-Marc Ayrault et pour le président, François Hollande.

Et c'est d'autant plus délicat que les patrons de Peugeot Citroën ne cessent de répéter que, contrairement à leurs concurrents, ils n'ont quasiment pas délocalisé.

Les prochains jours s'annoncent très chaud dans l'hexagone.

 

Charline Van Hoenacker, Michel Visart et Radio France

 

 

 

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