La SNCB doit économiser 2,1 milliards d'euros: colère des syndicats

La SNCB: on peut s'attendre à un automne social chaud !
La SNCB: on peut s'attendre à un automne social chaud ! - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

C’est la douche froide pour la SNCB et Infrabel. Les deux sociétés vont devoir réaliser 2,1 milliards d’économie en 5 ans. Un effort d’autant plus considérable que parallèlement, le gouvernement veut leur imposer l’accélération des travaux du RER, l’amélioration de la ponctualité et de la sécurité et libéraliser davantage le marché du transport de voyageurs. Pour la CGSP Cheminots et la CSC Transcom, c’est une véritable déclaration de guerre.

188 millions en 2015 et chaque année de plus en plus d’économies, ainsi jusqu’à 663 millions en 2019 pour, au total aboutir à plus de 2 milliards: le gouvernement a mis la barre très haut. Trop haut, en tous cas pour Marianne Lerouge, permanente nationale de la CSC Cheminots: "Le gouvernement utilise l’argument des économies. Or nous sommes déjà dans une trajectoire budgétaire au niveau du groupe SNCB à un équilibre financier. Et ici, on en remet une couche, sauf que l’effort demandé est tellement important que nous sommes persuadés que nous allons vers une asphyxie de l’entreprise. Notre crainte c’est que l’objectif soit, à terme, de prouver que le service public ne fonctionne pas et d’en arriver à ce que monsieur De Wever a toujours voulu : régionaliser la SNCB!"

Des milliers d’emplois perdus

Même analyse du côté de Michel Abdissi, président de la CGSP Cheminots, qui dénonce aussi l’apparente incohérence de la volonté gouvernementale : d’une part diminuer les moyens de la SNCB et, d’autre part, imposer une série de contraintes coûteuses. Entre autres : accélération dans l’amélioration du service aux voyageurs et de la ponctualité, accélération des travaux du RER, mise à l’étude d’un réseau Réseau Régional Express vers Anvers, Charleroi, Gand et Liège. Mais ce qu’il redoute le plus, c’est la suppression à terme de plusieurs milliers d’emplois : "C’est une véritable catastrophe pour les cheminots mais aussi pour les usagers". Pour le personnel, les mesures d’économie vont se traduire par la suppression de milliers d’emplois : "Notre estimation c’est que, d’ici 2019, on va se retrouver avec 7000 cheminots en moins. Et, pour les usagers, ces mesures vont conduire à l’abandon des petites lignes et donc les usagers vont payer aussi pour ces économies."

Un service minimum

Dans la déclaration de politique du nouveau gouvernement, il y a aussi le projet d’un service minimum en cas de grève. "Une autre provocation inacceptable. D’un côté, le gouvernement dit qu’il préserve le droit de grève, et de l’autre il veut imposer à des travailleurs mécontents l’obligation d’assurer un service minimum. C’est impossible. Jamais nous ne souscrirons à cette idée-là" conclut Michel Abdissi. "Le gouvernement veut la fin du service public. On ne laissera pas passer ça et la réaction sera à la hauteur des attaques."

L’automne social sera décidémment très chaud.

Thierry Vangulick

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